Difficile intercommunalité

Publié le par Fred

J'ai toujours été un fervent défenseur du fait intercommunal, et me suis souvent décrit comme un "croisé " de l'intercommunalité, qui, dans mon esprit, rimait et rime encore d'ailleurs avec efficacité accrue, développement de nouveaux services au public inexistants ou insuffisants dans des communes plus petites, économies d'échelles attendues, intervention économique au niveau d'un territoire plus vaste,....

Mes récentes fonctions de conseiller municipal; sans remettre en cause mon engagement pour cette cause qui permet, à mon avis, de pallier l'incroyable émiettement des communes en France, m'ont permis d'appréhender toutefois les réticences que certains collègues élus ressentent envers ce phénomène.

D'abord, il y a le problème du périmètre : les communautés de communes les plus récentes, celles nées après la loi dite "Chevénement " fortement incitatrice ne sont pas toujours des plus pertinentes en matière de territoire et de bassin de  vie : ces communautés dites "défensives " pour éviter des inclusions d'offices dans des communautés plus importantes, dont certaines sont, il est vrai, déjà des monstres bureautiques, ont souvent été l'amalgame plus ou moins heureux de communes certes riveraines mais émargeant à des bassins de vie (collèges, paroisses, commerces, loisirs ) souvent différents et la volonté de certains de remédier à certaines incohérences se heurte aujourd'hui à d'incommensurables difficultés : il est des Intercos comme de l'Europe: il est plus facile d'y entrer que d'en sortir.

Problème de gouvernance ensuite : trop souvent encore, les communautés de communes ou d'agglomérations sont dirigés par des maires ou des premiers adjoints, lesquels sont le plus souvent (pré)occupés par la gestion de leur commune et les grands projets de celles-ci, d'autant que (autre incohérence pour des structures qui lèvent l'impôt), au contraire des communes, les présidents communautaires ne sont pas élus au suffrage universel direct.  Elles sont rares, les structures désormais présidées par un simple conseiller municipal, lequel est pourtant plus disponible, tant en matière de calendrier qu'intellectuellement, pour exercer efficacement ses fonctions.
Ajoutons  à cela les multiples réunions (commissions municipales et intercommunales, syndicats mixtes dit primaires auxquels appartient la commune, comme précisé dans le post    Troisième tour     ou syndicats mixtes secondaires, regroupements de communautés, ), la complexité des différents échelons, structures et autres pays, le manque d'information des conseillers municipaux lambdas( sans oublier les citoyens), tout ceci explique la difficulté de faire inscrire le fait intercommunal dans les mentalités.

Sans oublier qu'aux intercommunalités techniques (syndicat des eaux, des marais, de traitement des ordures ou de construction de gymnases) de première génération, ont succédé les intercos de projet, à ceci près que le projet est souvent inexistant ou incomplet ...

Dans ce constat qui peut apparaître quelque peu désespérant et démotivant, je decéle cependant une lueur : l'implication, et le volontarisme quasi sarkozien de nouveaux et jeunes élus, pour qui la gestion locale ne peut plus exister désormais sans l'intercommunalité, vecteur d'efficacité du service public )
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Publié dans Conseiller municipal

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