Austère beauté baroque

Publié le par Fred

Lundi soir, après les extraits de films comiques "à la française", et le troisième et avant-dernier volet des aventures d'Indy (lesquels programmes ont eu d'ailleurs également ma préférence face aux enquêtes de FBI et consorts ou au drame social belge de Arte), a débuté, à l'issue du film précedemment cité, le (re?)diffusion de l'opéra "Cosi Fan tutte".

Hormis le fait que je connaissais presque par coeur tous les arias et que regarder 15 mn d'un opéra de ce cher Amadeus ne peut que vous délasser et vous enthousiasmer avant d'aller au lit, je n'ai  rien à ajouter à ce que j'ai déjà écrit et réécrit sur mon amour de l'opéra en général, et des mozartiens en particulier...

J'ai cependant élargi quelque peu ma palette lyrique, il y a peu, en écoutant très récemment un des premiers, sinon le premier opéra du monde occidental, l'"Orfeo " de Monteverdi.

Tout le monde, ou presque connait le mythe d'Orphée, ses exégéses sur la mort et l'amour qui s'entrecroisent, ses théories qui font d'Orphée un des premiers homosexuels (peu étonnant alors que Jean Cocteau et Jean Marais y aient consacrés un film), ou les versions classiques et ampoulées de Gluck ou drôlatiques et grincantes d'Offenbach....

Mais on évoque peu l'opéra de Monteverdi, plus beau fleuron de la période baroque et dont l'austérité n'est cependant pas dépour vue de beauté et d'émotion .

Moins noir que les oeuvres de Purcell, moins dansantes et majestueuses que celles de Lulli, moins sacrées que celles, plus tardives, de Bach, le baroque de Monteverdi m'est apparu presque gai, presque enjoué, malgré le destin fatal d'Orphée .

Cela m'a également fait penser à ce film magnifique quoiqu'austère, un peu oublié quoique multicésarisé, et qui a longtemps constitué un de mes favoris, le très lent "Tous les matins du monde " d'Alain Corneau.

Avec ses plans fixes, ses silences, et  son histoire qui conte l'opposition quasi dogmatique entre Marin Marais, qui fait de la musique son métier et son gagne-pain, quitte à en oublier l'essence sacrée, et Sainte-Colombe (interprété par un Marielle quasi mutique ), janséniste et passionné , qui recherche la quasi pureté en chassant  toute sentimentalité et toute "facilité",  le film représente bien cette époque de l'ére baroque (certes postérieure aux oeuvres de Monteverdi); où les dorures du règne du roi soleil s'opposaient à l'ascèse religieuse de ces messieurs de Port-Royal ...
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Publié dans Ma discothèque

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