Bureau de vote

Publié le par Fred

Non, il ne s'agira pas là d'une énième analyse des résultats du premier tour (il suffit de (re)lire Fractures françaises pour tout comprendre) mais bien à l'instar d'autres blogueurs, élus ou non, de relater le vécu du côté des assesseurs d'une journée d'élection dans un village de France.

Ces journées d'élections, principalement les présidentielles, car elles sont avec les municipales, celles qui ont le plus d'enjeux pour les gens, celles où le dépouillement est le plus suivi, celles où, parfois, la tension est la plus prégnante, celles enfin où le respect des procédures est le plus scruté. 

De procédure, je n'en parlerais point : il y a des circulaires préfectorales et un Code électoral pour celà. sachez toutefois que je connais pas une commune qui, de bonne foi ou par refus de se compliquer, respecte à la lettre le bon déroulement de l'élection, sans toutefois en remettre en cause la légalité du scrutin... 

Mais une journée d'élection, surtout aussi bien suivie, c'est avant tout un formidable moment de lien social: c'est assurément la seule journée où, dans la mesure certes où on passe la totalité de la journée au bureau de vote, on rencontre la quasi-totalité en âge de voter de la population du village. C'est l'occasion de prendre des nouvelles, de discuter avec ses voisins, plus qu'avec l'artificielle fête du même nom, de s'enquérir de la santé des uns et des autres, de plaisanter, de taquiner, voire de se fâcher ou de sortir, invariablement, les mêmes blagues.

D'aucuns s'amusent également à vérifier qui a vôté ou non, et j'ai souvenir dans une ancienne commune de résidence, que les militants les plus fervents, décortiquaient la liste d'émargement du premier tour pour convaincre d'éventuels abstentionnistes de venir au second; d'autres regardent les dates de naissance, d'autres enfin s'amusent à compter les grandes familles, celles qui sont historiquement au coeur de la communauté villageoise. 

De même; il y a une solennité du fait de voter, non encore (et heureusement ) disparue : les enfants adorent y assister, certains rentrent dans l'isoloir ou veulent insérer le bulletin dans l'urne, des habitants se morigénent de n'avoir pas signé leur carte d'électeur, les anciens citadins (c'est aussi à celà qu'on les reconnaît) présentent leur pièce d'identité en même temps que la fameuse carte.

Le dépouillement est souvent aussi un grand moment; les familles, avec enfants (j'en connais de très intéressés par la chose publique) y côtoient les cheveux blancs, les élus y rencontrent les militants...

Ces journées sont avant tout la preuve que, quelque soit le vote des uns, le moment électoral reste un grand moment qu'on ne prend pas à la légère, avant le maelstroem de l'actualité, les grandes vacances et la Coupe du Monde. 

Publicité

Publié dans Conseiller municipal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article