Banque postale
C'est le symbole de l'ensemble des services publics " à la française", que la Commission Européenne voudrait plus ou moins privatiser (le statut public/privé importe finalement peu) mais surtout insérer dans le champ concurrentiel.
C'est, de la même manière que France Télécom en son temps; EDF, GDF/Suez, avant la SNCF, un conflit permanent entre anciens de statut de droit public et nouveaux recrutés, entre fonctionnement pépére et management à la hache.
Les premiers sont un peu la quintessence du fonctionnaire dans sa version caricaturale : facteurs qui font des tournées à rallonge, et parfois, piquent un peu dans la gourde, guichetières peu avenantes et qui commencent à fermer leur caisse à 17 h 15, remplaçants qui n'essaient pas de sonner à la porte pour donner une lettre recommandée mais déposent l'avis de passage sans autre forme de procès (et nous n'avons pas de chiens prompts à mordre les importuns) .
A l'extrême, la Poste possède également des commerciaux, dignes des plus grands vendeurs de cuisine ou de photocopieurs, qui n'hésitent pas à appeler plusieurs fois par mois, afin de vous vendre qui la lettre recommandée électronique, qui la lettre verte, selon les objectifs de vente et les impératifs de la direction; car, à l'inverse des premiers, ceux-ci sont soumis au même rythme, à la même pression, aux mêmes enjeux que leurs collègues de SFR, Free ou autres sociétés de service .
Le service (au) public, justement, ne doit-il pas passer par une présence sinon dans la plus petite commune, le plus petit hameau, mais bien dans un maillage serré, au coeur des territoires et des campagnes, et ne pas se contenter des chefs-lieux de canton ou des gros bourgs. Or, insidieusement, hypocritement, lentement, l'objectif des instances nationales de la Poste (RGPP oblige) est bien de fermer le plus grand nombre de bureaux.
Tout d'abord, on n'ouvre plus guère la Poste que l'après-midi (ou le matin, c'est selon), puis on ferme un ou deux jours entièrement, dont le samedi (ce qui peut paraître une absurdité économique car c'est certainement un des jours les plus fréquentés), puis les absences se font de plus en plus nombreuses (arrêts maladie non remplaçés, absences pour cause de neige, de vent, de pluie, de sécheresse)
Finalement, la bouche en coeur et le service en berne, la Direction départementale ne peut que se proclamer contrainte de fermer le bureau, faisant fi des engagements attestés dans les différentes conventions d'engagement sauf à, sauf à ... créer une agence postale communale, rémunérée par la commune, donc le contribuable.... qui ne paye pas pour autant le timbre moins cher.
Voilà comment, avec des raisonnements de courte vue, uniquement financiers, on casse un service public, ou plutôt on le brade au privé ....