Education jeunesse
Mes récentes mais prenantes fonctions de coresponsable de la commission "Jeunesse " m'ont amené à m'inscrire à un colloque organisé par une communauté d'agglomération voisine et qui portait le nom riche d'espoir de " Ados et sociétés, nouveaux échanges, nouveaux comportements " .
Mes premières moments dans la salle furent empreintes d'angoisse: un public presque essentiellement féminin, composé à première vue en grande partie d'assistantes sociales (comme celles, assises juste derrière moi et dont les préoccupations principales étaient de négocier jours RTT et autorisations d'absences) quelques citations entendues au vol, allant de Shakespere à Françoise Dolto; me laissaient penser que j'étais parti pour une séance aussi peu intéressante et concréte que lors de mon incursion précédente (voir le post Choc des cultures )
Nonobstant le discours convenu et un peu hors-sujet des édiles locales, j'avais tort. La véritable ouverture a d'ailleurs été effectuée par un slameur aux capacités d'improvisation et de sens des mots incroyables .
Puis les deux intervenants suivants ont développé leur théorie, doctement mais simplement.
Le premier, Eric Deschavanne, philosophe, ancien membre du cabinet de Luc Ferry, a developpé l'idée que le vrai problème dans les rapports jeunes/ adultes provenaient non des jeunes, mais bien des adultes, qui désespérent de grandir, et ne souhaitent qu'une seule chose : "rester jeune", la jeunesse étant, pour paraphraser Aragon, l'avenir de l'homme.
En une excursion à travers les idées, depuis Immanuel Kant jusqu'à Michel Houellebecq, depuis les Bohèmes chers à Henri Murger et Puccini (souvent fils de bourgeois, et prémices de nos fameux bobo), depuis la société de consommation jusqu'à l'âge d'homme de Jean-Paul Sartre, le philosophe, d'obédience il est vrai un peu conservatrice car préconisant que chacun, adulte ou ado, reste à sa place, a développé sa propre généalogie de la morale. Bien sur, les conséquences négatives de mai 68 ont été suggérées, mais ma prescience est que le vrai responsable de la démission des parents, le manque d'esprit collectif que toutes les associations, organisations déplorent, le développement du consumérisme, y compris dans le monde scolaire, est bien fils de ces folles années libérales, du triomphe de l'individualisme et des condamnations de l'Etat, dont nous payons aujourd'hui la facture ...(ce qui, peut-être peut laisser présager un retour du collectif dans les années futures)
Le pédopsychiatre Serge Tisseron, quant à lui, analysait le rapport au virtuel des jeunes, qui modifiait leur rapport à eux-mêmes, partagés qu'ils sont entre plusieurs identités virtuelles avant de retrouver la vraie, la réelle, qui bouleversait leur rapport au temps et à l'apprentissage, leur rapport à l'image et leur rapport aux autres .
Je retiendrais notamment la métaphore du syndrome Google : sur ce moteur de recherche, apparaissent en premier les références les plus recherchées, non les plus pertinentes ni les meilleures. Quand on tape "Iznogoud" sur google, c'est ainsi Nicolas Sarkozy qui apparaît, non Tabary ou Goscinny.
On semble être bien éloigné alors des incivilités corbelinoises ou des dégradations villageoises : pas si sûr, car comprendre le fonctionnement des jeunes, c'est déjà répondre à leurs attentes ....
Mes premières moments dans la salle furent empreintes d'angoisse: un public presque essentiellement féminin, composé à première vue en grande partie d'assistantes sociales (comme celles, assises juste derrière moi et dont les préoccupations principales étaient de négocier jours RTT et autorisations d'absences) quelques citations entendues au vol, allant de Shakespere à Françoise Dolto; me laissaient penser que j'étais parti pour une séance aussi peu intéressante et concréte que lors de mon incursion précédente (voir le post Choc des cultures )
Nonobstant le discours convenu et un peu hors-sujet des édiles locales, j'avais tort. La véritable ouverture a d'ailleurs été effectuée par un slameur aux capacités d'improvisation et de sens des mots incroyables .
Puis les deux intervenants suivants ont développé leur théorie, doctement mais simplement.
Le premier, Eric Deschavanne, philosophe, ancien membre du cabinet de Luc Ferry, a developpé l'idée que le vrai problème dans les rapports jeunes/ adultes provenaient non des jeunes, mais bien des adultes, qui désespérent de grandir, et ne souhaitent qu'une seule chose : "rester jeune", la jeunesse étant, pour paraphraser Aragon, l'avenir de l'homme.
En une excursion à travers les idées, depuis Immanuel Kant jusqu'à Michel Houellebecq, depuis les Bohèmes chers à Henri Murger et Puccini (souvent fils de bourgeois, et prémices de nos fameux bobo), depuis la société de consommation jusqu'à l'âge d'homme de Jean-Paul Sartre, le philosophe, d'obédience il est vrai un peu conservatrice car préconisant que chacun, adulte ou ado, reste à sa place, a développé sa propre généalogie de la morale. Bien sur, les conséquences négatives de mai 68 ont été suggérées, mais ma prescience est que le vrai responsable de la démission des parents, le manque d'esprit collectif que toutes les associations, organisations déplorent, le développement du consumérisme, y compris dans le monde scolaire, est bien fils de ces folles années libérales, du triomphe de l'individualisme et des condamnations de l'Etat, dont nous payons aujourd'hui la facture ...(ce qui, peut-être peut laisser présager un retour du collectif dans les années futures)
Le pédopsychiatre Serge Tisseron, quant à lui, analysait le rapport au virtuel des jeunes, qui modifiait leur rapport à eux-mêmes, partagés qu'ils sont entre plusieurs identités virtuelles avant de retrouver la vraie, la réelle, qui bouleversait leur rapport au temps et à l'apprentissage, leur rapport à l'image et leur rapport aux autres .
Je retiendrais notamment la métaphore du syndrome Google : sur ce moteur de recherche, apparaissent en premier les références les plus recherchées, non les plus pertinentes ni les meilleures. Quand on tape "Iznogoud" sur google, c'est ainsi Nicolas Sarkozy qui apparaît, non Tabary ou Goscinny.
On semble être bien éloigné alors des incivilités corbelinoises ou des dégradations villageoises : pas si sûr, car comprendre le fonctionnement des jeunes, c'est déjà répondre à leurs attentes ....
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