Fatras et galimatias
Victoires sur César
Au contraire des Césars, qui ont encore consacré un film téléramesque (bien que ce soit la première fois, à mon connaissance qu'un film de "boules" soit ainsi récompensé ! :-) ), oubliant des Indigènes, un agent secret au Caire et des fauteuils d'orchestre, le palmarès des Victoires de la musique m'apparaît beaucoup plus équilibré et conforme aux goûts du public (la preuve, les ineffables critiques de Libération et de Télérama le trouvent trop "classique", pour ne pas dire "commercial", injure suprême) Je pense d'ailleurs que si j'avais eu à voter, j'aurais effectué les mêmes choix, fan que je suis de Bénabar, de l'artiste, de l'homme de scène et de l'homme tout court.
Consécration aussi pour Grand Corps malade, poète urbain et Abd el Malik, par moi préférés aux "symboles " de la banlieue que sont Diam's et Joey Starr (que l'on croirait tous deux sortis d'un film de propagande de l'UMP, tellement ils représentent les archétypes des caillera de banlieue dont on ne comprend pas le moindre mot , et qui ont un vocabulaire limité à 150 mots, sans compter les interjections)
D'ailleurs, en cadeau bonus, je vous joint les paroles d'un texte de GCM....
De plus, malgré les pisse froids, déjà cités, il est tellement rare de voir une émission de 3 heurs, presque entièrement consacrés à la musique, en direct "live" comme dirait Nagui, et presque sans intermittents que l'on ne peut pas bouder son plaisir.
Grand Corps malade : "Les Voyages en train"
J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard.
Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins,
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins,
Les témoins c'est tes potes qui te disent au revoir sur le quai,
Ils regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet,
Toi aussi tu leur fais signe et tu imagines leurs commentaires,
Certains pensent que tu te plantes et que t'as pas les pieds sur terre,
Chacun y va de son pronostic sur la durée du voyage,
Pour la plupart le train va dérailler dès le premier orage.
Le grand amour change forcément ton comportement,
Dès le premier jour faut bien choisir ton compartiment,
Siège couloir ou contre la vitre il faut trouver la bonne place,
Tu choisis quoi une love story de première ou d'seconde classe.
Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage,
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages,
Tu te sens vivant tu te sens léger tu ne vois pas passer l'heure,
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur.
Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bât de l'aile,
Toi tu te dis que tu n'y est pour rien et que c'est sa faute à elle,
Le ronronnement du train te saoule et chaque virage t'écoeure,
Faut que tu te lèves que tu marches tu vas te dégourdir le coeur.
Et le train ralentit et c'est déjà la fin de ton histoire,
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare,
Tu dis au revoir à celle que tu appelleras désormais ton ex,
Dans son agenda sur ton nom elle va passer un coup de tipex.
C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard.
Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train,
A connaître ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain,
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure,
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.
Il est facile de prendre un train encore faut il prendre le bon,
Moi je suis monté dans deux trois rames mais c'était pas le bon wagon,
Car les trains sont capricieux et certains sont inaccessibles,
Et je ne crois pas tout le temps qu'avec la SNCF c'est possible.
Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grèves,
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves,
Et y'a ceux qui foncent dans le premier train sans faire attention,
Mais forcément ils descendront dessus à la prochaine station,
Y'a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives,
Pour elles c'est trop risqué de s'accrocher à la locomotive,
Et y'a les aventuriers qu'enchaînent voyages sur voyages,
Dès qu'une histoire est terminée ils attaquent une autre page.
Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois,
On s'est quitté d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi,
Depuis je traîne sur les quais je regarde les trains au départ,
Y'a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare je me sent à part.
Il parait que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y'aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu la prochaine fois tu prendras le bus.
Le lion est mort ce soir
Je ne pouvais pas manquer d'évoquer, au cours de ce bloc notes, les adieux du vieux lion, du professionnel de la politique, à savoir Jacques Chirac, notre futur ex-président de l'Élysée.
Un an après la diffusion des films de Karl Zéro et de Patrick Rotman, qui ont dénoncé tous les travers du bonhomme, non sans toutefois démontrer son aspect sympathique, c'est un concert de louanges qui a illustré le discours d'adieu de Jacquot (il faut dire que tous sont contents, surtout à l'UMP, de le voir partir et que d'aucuns craignaient qu'il ne se représente,rien que pour embêter Sarko)
Tout a été dit sur l'homme, sur son bilan, ses quelques réussites et ses nombreux échecs. Pour le trentenaire que je suis, c'est après le départ de Mitterrand 1er, la deuxième personnalité politique d'importance qui tire sa révérence. Preuve en est que l'élection qui s'approche sera celle du renouvellement et de la génération montante des quinquagénaires
Un article sur "Vive la république" rendant hommage au Président :
http://vivelarepublik.blogspot.com/2007/03/au-revoir-jacques-chirac.html
Bureaucratie
Pour conclure, un dernier coup de coeur pour la série de téléfilms consacrés à Maupassant. La semaine dernière, le conte "La Parure" était déjà cruel mais la nouvelle " L'héritage" atteint des abîmes de noirceur.
La description de la fonction publique de l'époque est particulièrement savoureuse avec ses multiples commis, ses missions d'une importance aussi fondamentale que de retrouver 500 mètres de toile ou d'assurer l'approvisionnement des boutons de guêtres de la marine marchande; son rituel des enveloppes comprenant gratifications et avancements...
C'est tellement vrai que la mauvaise langue que je suit susurre que de tels spécimens perdurent dans les préfectures et les rectorats .