Campagne du troisième type
Pour le jeune accro à la politique que je suis (déjà 4 campagnes électorales que je suis depuis que j'ai l'age de comprendre les choses, étant trop jeune pour retenir autre chose des élections de 1981 et 1974 que des slogans de campagne), le carrousel électoral de 2007 est véritablement inédit.
D'abord, puisque on est assuré d'un certain renouvellement des cadres, les trois principaux prétendants étant tous âgés de moins de 60 ans, et tous adeptes, à des niveaux différents, du changement ….. (je rajouterais, vachard, si je n’avais pas un certain respect pour la classe politique qu’ils représentent tous une minorité visible, une femme, un demi juif et un ancien handicapé du langage, puisque bègue…)
De même, c’est la première campagne qui a lieu autant sur Internet, où les blogs, sites de candidats mais aussi parodies (de plus en plus nombreuses, et pas toujours du meilleur goût) et buzz, fleurissent. L’aspect ludique d’Internet, sa quasi généralisation chez les 18-60 ans, son immédiateté et son interactivité en font des outils extraordinaires mais qui peuvent se révéler assassin….
Un jour viendra certainement où Dailymotion et presidentielles.net auront plus d’impact sur une élection que des sondages ou un éditorial en première page du « Monde ». Et ce d’autant plus, qu’à raison bien plus qu’à tort, la collusion entre médias et puissances de l’argent rend les électeurs, ou citoyens pour reprendre un terme à la mode, méfiants.
Enfin, cette campagne est celle des lobbies et de la démocratie des « mi, je ». Entre des émissions qui donnent la parole aux citoyens lambdas pour poser des questions mais aussi s’ériger en spécialistes (c’est le syndrome Wikipédia ou Agoravox, sans la modération que pratiquent ces sites collaboratifs) et des groupes de pressions qui, chacun, posent leur questions et leur feuille de route aux différents candidats (il y eut les chasseurs, le petit Nicolas et son pacte écologique, Don quichotte et l’association des Maires, les viticulteurs et les défenseurs de l’euthanasie, avant peut-être les joueurs de biniou bas bretons ou les bouilleurs de cru), c’est l’intérêt général et par là même, l’unité de la République qui est en danger.
La république est une et indivisible, elle n’est ni catégorielle ni individualiste.
Certains appellent cela de la démocratie participative. Je la nomme démagogie.