Entre les lignes

Publié le par Fred

 Il en est qui rêvent  aux steppes de l'Asie  Centrale, aux  plages de la  Mer du Nord, ou aux moites forêts tropicales.

Pour moi, l'aventure  commence au bout de la rue,  ou plutôt au bout  du quai.

Ainsi, j'ai toujours eu une prédilection particulière pour les gares, portes ouvertes vers le départ, la découverte, l'exil.

Que ce soit par l'écheveau des rails filant vers l'Est, vu depuis un pont ferroviaire; par la solitude d'un poste de garde-barrière de campagne, aux clôtures blanches cimentées et berçé par le vacarme des convois; par une salle des Pas perdus d'une capitale de la MittelEuropa, entre amoureux transis et hommes d'affaires stressés, par les quais déserts d'une gare de campagne; le pouvoir d'évocation des trains reste incomparable.

Et de rêver alors  de parenthèses ferroviaires, d' étreintes furtives et passionnées dans un compartiment; de visions sublimées de fleuves, collines ou autres usines sous la nuit étoilée, de crimes impunis dans l'Orient Express, des rencontres arrosées de vodka dans le wagon restaurant du Transsibérien ou de descentes vertigineuses dans des tortillards andins....

Même les TGV, à l'austère beauté froide conservent une part de mystère, une once de magie, un soupçon d'aventure, en abolissant les distances, et remodelant la France dans une nouvelle géographie .











* le titre de la note est un hommage au très beau livre éponyme de Michel Baglin, consacré justement à la poésie des voyages en train ..


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Publié dans Du ressort de l'intime

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