Se(r)vice public
Je ne pouvais manquer de m'exprimer sur la polémique qui a nourri toute la a presse territoriale, cet été, la polémique Zoé Shépard, auteur du désormais fameux "Absolument Dé-bor-dée", ou la chronique de la vie d'une administratrice territoriale dans une collectivité de province.
J'attendais toutefois de le lire avant de juger et mon verdict est sans appel : ce livre est mauvais.
Mauvais non par ce qu'il décrit, car quoique très éloignée de mon monde et de mon quotidien, je concois que dans une Grande Organisation, il y a de tireurs aux flans, des serviles, des incompétents.
Non, mauvais car méchant sans être drôle; amer sans remise en cause personnelle, et imprégnée d'un fort sentiment de supériorité . Aurélie Boulet, car tel est le vrai nom de Zoe Shepard, est de ces hauts fonctionnaires, à ce point persuadée de leur supériorité qu'ils ne dédaignent même pas saluer la piétaille : rédacteurs, agents d'entretien, ou assistantes..(spéciale dédicace à ces comptables, croisés l'an passé aux ETS...)
J'en ai croisé quelques uns, certains de ces attachéés, diplômés de l'IEP, qui ont peut-être une capacité de synthèse étourdissante mais dont les passages à des postes de responsabilités ou de DGS se sont avérés catastrophiques.
Pourtant, et malgré tout ce qui est exprimé ici, je trouve la polémique et les sacntions disciplinaires profondément stupides : d'abord, parce que le manquement à l'obligation de réserve est peu patent ( elle décrit une mairie alors qu'elle travaille en région, et seuls certains des collaborateurs peuvent se reconnaître dans les portraits de Big Boss ou Coconne), ensuite, parce qu'elle avit décidé de partir et de rejoindre une CRC où elle ferait merveille. Quant à lire la prose de l'Association des Administrateurs territoriaux, on y perçoit quelque chose de stalinien, car corporatisme et esprit de corps aidant: on maudit, on exclut, on dénonce les contrevenants à la vulgate....
Et ce, alors qu'il y des mois (comme le rappelait l'ami Lozédans sa Tribune dans "La gazette") les mêmes défendaient Guillon ( Stéphane, pas Richard), le chroniqueur de France Inter, aux chroniques aussi souvent méchantes et gratuites que le bouquin de Zoé ( sauf, quelques unes, il est vrai, hilarantes).
Résultat: d'un brulôt anonyme et oubliable, on passe à un succès de librairie, gonflé par le scandale et l'air du temps anti-fonction publique....
Il n'empêche ! Quitte à lire des ouvrages se raillant de la gestion locale, je préfére les polars de Birrien (un ancien DGS, lui) notamment le drôlatique "Bloody Mairie".
Ironie de l'histoire, c'est bien avec mes émoluments comme formateur au CNFPT, chargé d'insuffler une culture territoriale aux collègues de Catégorie C, que j'ai acheté ce livre qui en manque tant !!