Rendez-vous avec la Madone
Intéressante, l'émission "Un jour, un destin " consacré hier à Ségolène Royal. Le personnage est paradoxal, provoquant à la fois détestation et admiration, agacement et envoutement ...
Le reportage, composé de séquences courtes relatant chacune un épisode de la "légende dorée de la Dame de Chamagne (laquelle, on le sait, n'est guère éloignée de Domrémy ...) apportait finalement peu de nouveautés, mais avait le mérite de rappeller son parcours, et était entrecoupé de nombreux témoignages de ses "amis " du Parti, Moscovici, l'éternel espoir ou le bon sens un peu brutal du sénateur Mélenchon, de ses conseillers passés ou présents, de journalistes ayant travaillé avec elle, dans cette connivence médiatico-politique si française ....
Sont bien sur évoqués les grands moments : le procés gagné contre son père, les premiers pas à l'ENA (où elle croise un Villepin déjà flamboyant et toujours bienveillant avec les jeunes femmes ), puis à l'Elysée, son forcing pour obtenir une circonscription (où elle éjecte le candidat désigné) qu'elle arrache avec les dents, les années ministèrielles, puis le coup de 2006, sa visite à Santiago, sa victoire aux primaires, le débat râté de l'entre deux tours, et son discours baroque sur la terrasse de Solférino.
La politique est un métier dur, on le sait, et peut-être parce qu'elle lui ressemblait le plus, Marie-Ségolène a eu de surcroît à affronter la stature paternelle dans sa prime enfance; femme, mére de famille, épouse de surcroît d'un autre ténor du parti, son parcours explique, il me semble, son indéniable volonté, sa ténacité et son courage : on l'imagine atteinte après sa déroute, elle échoue d'un rien, dans une ambiance digne d'une élection afghane ou gabonaise, et seule contre tous, à prendre le parti; on raille son site internet décalé et ses excuses à répétition, elle conserve une véritable aura populaire.
Alors bien sur, elle manque cruellement de fond, de corpus idéologique, ses sorties ne sont pas toujours pertinentes (pas moins idiotes que celles de Frédéric Lefebvre); mais on lui fait, il me semble, parfois de mauvais procès : mal entouré, haïe par les mâles dominants, on lui reproche ainsi l'éviction d'Eric Besson, dont on connaitra ensuite la solide carrière de traitre !!!
L'entretien qui suivit le reportage était à ce titre éclairant: face à un Laurent Delahousse courtois mais pugnace, Ségolène a cette fois, peu éludé et répondu, ce qui n'est pas franchement sa marque de fabrique, aux questions: sans impudeur, elle se livre, un peu et évoque 2012 où, si elle doit être candidate, elle le sera au dessus du Parti socialiste, dont les ruines sont il est vrai, encore fumantes ....
Oui, intéressante émission et intéressant destin ....
Le reportage, composé de séquences courtes relatant chacune un épisode de la "légende dorée de la Dame de Chamagne (laquelle, on le sait, n'est guère éloignée de Domrémy ...) apportait finalement peu de nouveautés, mais avait le mérite de rappeller son parcours, et était entrecoupé de nombreux témoignages de ses "amis " du Parti, Moscovici, l'éternel espoir ou le bon sens un peu brutal du sénateur Mélenchon, de ses conseillers passés ou présents, de journalistes ayant travaillé avec elle, dans cette connivence médiatico-politique si française ....
Sont bien sur évoqués les grands moments : le procés gagné contre son père, les premiers pas à l'ENA (où elle croise un Villepin déjà flamboyant et toujours bienveillant avec les jeunes femmes ), puis à l'Elysée, son forcing pour obtenir une circonscription (où elle éjecte le candidat désigné) qu'elle arrache avec les dents, les années ministèrielles, puis le coup de 2006, sa visite à Santiago, sa victoire aux primaires, le débat râté de l'entre deux tours, et son discours baroque sur la terrasse de Solférino.
La politique est un métier dur, on le sait, et peut-être parce qu'elle lui ressemblait le plus, Marie-Ségolène a eu de surcroît à affronter la stature paternelle dans sa prime enfance; femme, mére de famille, épouse de surcroît d'un autre ténor du parti, son parcours explique, il me semble, son indéniable volonté, sa ténacité et son courage : on l'imagine atteinte après sa déroute, elle échoue d'un rien, dans une ambiance digne d'une élection afghane ou gabonaise, et seule contre tous, à prendre le parti; on raille son site internet décalé et ses excuses à répétition, elle conserve une véritable aura populaire.
Alors bien sur, elle manque cruellement de fond, de corpus idéologique, ses sorties ne sont pas toujours pertinentes (pas moins idiotes que celles de Frédéric Lefebvre); mais on lui fait, il me semble, parfois de mauvais procès : mal entouré, haïe par les mâles dominants, on lui reproche ainsi l'éviction d'Eric Besson, dont on connaitra ensuite la solide carrière de traitre !!!
L'entretien qui suivit le reportage était à ce titre éclairant: face à un Laurent Delahousse courtois mais pugnace, Ségolène a cette fois, peu éludé et répondu, ce qui n'est pas franchement sa marque de fabrique, aux questions: sans impudeur, elle se livre, un peu et évoque 2012 où, si elle doit être candidate, elle le sera au dessus du Parti socialiste, dont les ruines sont il est vrai, encore fumantes ....
Oui, intéressante émission et intéressant destin ....
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