Où on va, Papa ?

Publié le par Fred

Je me suis souvent moqué, peut-être pour exorciser toute crainte, des minibus remplis d'handicapés, souvent cérébraux, que l'on retrouve dans les musées, les fêtes de village ou les animations..

De même, avec des humoristes cinglants comme Stéphane Guillon, Laurent Violet ou Patrick Timsit (souvenez vous de sa parodie alliant myopathie et le pianiste Petruccianni), voire certains comiques familiaux, qui les fréquentaient souvent, dans leur école primaire; j'ai souvent ri de  plaisanteries pas toujours de très bon goût..

Car, à trop vouloir en rire, on dissimule certainement son malaise, ses inquiétudes quasi viscérales, surtout quand la naissance d'un enfant s'annonce et que la crainte de voir apparaître un petit trisomique ou une enfant lourdement handicapée pése de manière indicible et pesante et que, au final, on a la chance de donner le jour à deux charmantes petites filles, pétillantes de malice et d'intelligence ...

C'est certainement pour cela que j'ai été si ému à la lecture de l'ouvrage de Jean-Louis Fournier "Où on va, papa ?", qui narre sa vie quotidienne de père avec deux enfants très lourdements handicapés, dont un est encore de ce monde et doit allégrement aller sur ses 30 ans. Le titre vient de l'antienne répétée jusqu'à cent fois peut-être par le second de ces enfants (et n'est pas sans évoquer le " Mais on va où là ?" de ma cadette, mais à la différence notable que celle-ci a cessé ses interrogations au bout de quelques mois alors que le "héros" du livre ne s'arrête pas; jamais.) et le livre (car on ne saurait l'appeller "roman"), par des petits chapitres très courts, entre ironie amére et bouffées d'émotion, mais toujours sans pathos, nous touche, nous amuse, nous fait réfléchir, et in fine vous donne une seule envie, celle de vous lever et d'aller embrasser vos filles.

Quant on sait que le dit Fournier est plus connu pour ses sketches écrits à 4 mains avec Desproges ou pour ses grammaires, manuels de savoir-vivre ou géographie impertinentes, on se rend compte que souvent, l'humour est vraiment la politesse du désespoir ....
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Publié dans choses lues

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