Médiateur de la République
Je ne parlerais pas des cantonales.
Non qu'il n'y ait rien à dire, mais mon opinion n'apportera pas ou si peu de nouveautés par rapport à une médiacratie qui s'en préoccupe enfin (presse locale et médias régionaux mis à part, eux qui couvrent l'évènement depuis plusieurs semaines déjà)
Je souhaitais plutôt vous faire partager un point de vue, donner un coup de projecteur sur l'habituel rapport du Médiateur de la République, que Jean-Paul DELEVOYE, ancien élu local (maire de Bapaume) et député, puis ministre RPR vient de présenter .
Ce rapport est bien entendu beaucoup moins spectaculaire que celui de la Cour des Comptes, qui pointe les gabegies, réelles et supposées, et qui fait chaque année les unes des journaux télévisés (et pas seulement ceux de Pernaut)
Que dit Monsieur Delevoye ?
Que la société française est usée, au bord du "burn out", que à chaque dysfonctionnement, chaque fait divers, chaque situation presque particulière ou exceptionnelle, le gouvernement réagit par une loi, alors que les lois existantes sont déjà mal comprises, mal interprétées, mal appliquées; que cette inflation législative a non seulement un effet dévastateur sur l'usager mais aussi sur les agents, notamment des services publics, chargés de les "mettre en musique".
Ajoutons à cela le manque de moyens, la fameuse RGPP et la crise !
Il dit aussi que les différences actuelles entre droite et gauche ne sont plus opérantes, non parce qu'il faut forcément les confondre mais parce que les principales lignes de fracture sont bien au milieu des deux camps, et non pas de part et d'autre, entre ceux qui acceptent la mondialisation ( même en la modérant ) et ceux qui la récusent.
Cette désespérance, ce burn out, incitent les uns et les autres à se replier sur soi, à briser la solidarité que l'on dit " "républicaine " : c'est le régne du chacun pour soi, du " j'y ai droit car je paye", du rejet de l'impôt et du consumérisme scolaire .
Et Monsieur Delevoye (pour moi, proche dans le sens qu'il apporte à la politique, pour cette conscience qu'il incarne désormais, tel un Badinter de droite) de citer le Général de Gaulle " Quand les français croient en la hauteur de la France, ils font de grandes choses; quand ils se sentent abandonnés, ils font de petites choses "
Ce rapport, ce constat illustrent bien, et autrement, le désastreux premier tour des cantonales .
Est-ce pour celà que le Médiateur de la République est supprimé, et remplacé par un "Défenseur des droits" ??? plus neutre et plus lointain ?