Grand Cirque Blanc
Non, cette note n'évoque pas le léger bazar, le joyeux b... que provoque une petite averse de neige en Ile de France, mais bien un retour, attendu avec humour et circonspection par des spectateurs invisibles, mon retour sur les skis (de fond en l'occurrence).
Car, en bon représentant du massif vosgien, en presque compatriote des grands noms du nordique : les Yvon Mougel, Jean-Paul Pierrat, Véronique Claudel, sans oublier la famille Remy, je me dois de préférer le fond, austère, sportif et bon enfant au ski dit "alpin", clinquant, tape-à-l'oeil, et pour tout dire aussi bling-bling que les sirènes des milliardaires russes résidant à Courchevel
C'est au coeur de la petite station familiale et à la gestion "solidaire " (foyer municipal et gite/auberge coopérative, où les habitués se saluent comme membres d'une même famille, où on peut lire "Libé" "Le Monde " et même le "DL " en attendant sa soupe, au demeurant exceptionnellement douce et crémeuse, de topinambours) de la Ruchère que l'improbable s'est passé .
Cela avait d'ailleurs bien commencé : les traces fraiches étaient bien dessinées, la piste montait en pente douce et ne nécessitait pas de mettre les deux pieds en canard pour grimper et je mettais à penser que, peut-être malgré tout, je n'avais pas autant perdu que je l'imaginais et; que mes souvenirs heureux de ski, à Xonrupt à l'occasion d'un Nouvel An passé dans un chalet entre amis, dans les stations vosgiennes qui avec mon père et mon frère (j'ai ainsi souvenir d'un retour dantesque dans la neige et le froid, où on se voyait obligé d'ouvrir la fenêtre pour y voir à trois pas ) qui avec un de mes camarades de l'époque, ou à la faveur d' une de ses sorties scolaires où le pourtant particulièrement rétif à la chose sportive que j'étais parvenait, loin de là, à ne pas être ridicule, n'étaient pas si finalement lointains ....
Hélas, trois fois hélas, la première bosse, la première descente d'importance m'ont mis rapidement les quatre fers en l'air, moi qui ne sait décidément pas descendre en chasse-neige....
Au fur et à mesure des heures et des kilomètres, la confiance revenant, j'expérimentais alors une autre méthode, tout aussi dangereuse, puisque systématiquement terminée dans les neiges, décidément éternelles, mais riche en sensations : celle de la descente sur les fesses, mon séant étant délicatement accroupi et presque posé sur les skis...
La chute fut alors moins rude et largement compensée par la griserie de la vitesse et les sensations fortes....
Pendant ce temps là, ma chère et tendre grimpait, patinait en maîtrisant toutes les finesses du pas du patineur, descendait sans coup férir et devait intérieurement sourire à mes exploits diurnes.
L'expérience, assez brève, fut cependant suffisamment drôle et tonique pour m'inciter à reprendre des cours en même temps que nos filles, afin, pourquoi pas,de multiplier les sorties à ski au cours des hivers futurs ..