Le mémorial

Publié le par Fred

L'autre soir, un terrible accident de voiture a, encore une fois, endeuillé la région; deux jeunes garçons sont morts, deux autres ne valent guère mieux, entre la vie et la mort.
Les circonstances sont malheureusement des plus banales : le conducteur roulait trop vite, un virage mal négocié, une sortie de route et puis le choc, horrible, le véhicule s'enroulant autour des arbres.

Le soir de l'accident, tout ne fut que bruit et lumière dans le village : les phares des voitures coincées dans l'embouteillage,  les gyrophares des véhicules de police et des pompiers, le bruissement de l'hélicoptère conduisant les jeunes blessés dans des hôpitaux de la région, les pleurs et la douleur des familles des victimes et, dérisoire diversion, les illuminations de Noël en cours d'installation.

Et puis, il y eut ces fleurs, dés le lendemain , déposés tout près du lieu de l'accident, d'abord timidement, puis un autre, puis un deuxième, une véritable forêt de bouquets, de petits mots qui rendent hommage aux disparus; il n'y a pas un jour sans qu'une nouvelle voiture, de nouveaux camarades de collège, de football ou de classe ne s'arrêtent pour y laisser une offrande ou un souvenir...

Et puis, le temps fera son travail, le brouillard de deuil se dissipera, les bouquets se faneront, et il ne restera bientôt du drame que de la peine dans le coeur des familles, une place manquante dans une classe, quelques pétales le long d'une route, trois lignes sur une pierre tombale.
Publicité

Publié dans Du ressort de l'intime

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
peut-être que ce post est un peu trop "pathos", mais moi j'y lis les mots d'un (bientôt deux fois) père de famille.
Répondre
P
tu connais mon aversion pour le tout repressif : elle est aussi important que celle touchant au traitement ultra compassionnel ( je vais etre gaté avec le telethon : je fais partie de ceux qui prefere payer des impots et que ces impots servent a aider la recherche génétique , plutot que me donner bonne conscience en donnant a des associations qui malheureusement sont contrainte de se substituer a un état toujours plus defaillant).<br /> pourtant pour ce genre de drame j'ai du mal a ne pas me poser la question: pourquoi la vitesse , parfois l'ivresse ou la conduite sous substance , n'entraîne que rarement des sanctions cohérentes ? elles sont dures quand l'emotion est forte , plutôt faible dans les autres cas . Mais ceci n'est pas une diatribe contre les magistrats (ça c'est sarko) mais plutôt contre notre société , ou nous même  , citoyens refusant de reconnaitre une responsabilité dans nos comportements ,  élus ne voulant pas froisser l'electorat,  lobbies alcooliques et autres , faisant un chantage économique.  Et l'agnostique que je suis regrettte aussi le refus que nous avons de reconnaitre , parfois, la fatalité .
Répondre
F
Je suis d'accord avec toi, mais il faut vraiment croire que la bagnole pour les français, c'est sacré. Alors que les chiffres des morts sur la route ne font que diminuer, le gouvernement va presque succomber aux sirènes des automobilistes qui se plaignent de perdre leurs points ou de payer 45 € pour un (léger) dépassement de voiture, soutenus qu'ils sont par Julien Courbet, Bernard Darniche et l'ineffable Eric  de Caumont..... Ce sont les mêmes qui ne veulent pas payer d'impôts, qui veulent moins de fonctionnaires (lesquels supprimer d'ailleurs : les flics, les pompiers, par ailleurs adeptes d'un corporatisme outrancier ?) mais qui déplorent l'insécurité et sont atteints du syndrome Nimby.Ceci étant, j'aime beaucoup aussi ta dernière phrase: effectivement, nous n'acceptons plus la fatalité et notre société est toujours à la recherche de responsables, voire de coupables (ceci dit, je pense que c'est "humain", comme réaction, et je crains de ne pas réagir autrement en cas de malheur....)