Hystérie collective

Publié le par Fred

Ainsi donc, comme je l'avais prévu sur ce même blog ( et d'ailleurs réexprimé à travers mes commentaires sur les blogs "Mondial' de Libé ou le blog du journaliste de l'équipe, l'Equipe de france honnie il y a trois semaines, Raymond Domenech vomi il y des jours, sont désormais les héros des Clovis (qui brûlent ce qu'ils ont adoré et adorent ce qu'ils ont brûlé)de tout poil : journalistes sportifs mais aussi la masse inculte, la plébe supportrice et versatile .
Subtil parfum de revanche pour les rares que nous étions à défendre les bleus, à réclamer patience et à crier à l'ingratitude ...... Douce jouissance d'avoir raison avant tout le monde, de préceder des imbéciles....

L'autre événement sportif est le Tour de France et sa ferveur populaire est sans commune mesure. On la retrouve également sur d'autres courses telles le Critérium du "Dauphiné libéré" ou le Tour cycliste Nord Isère ....
Voici une évocation du passage d'une de ses courses dans la région .

La course cycliste

 

C’est l’événement du week-end. Le journal l’a annonçé : une course cycliste régionale allait passer dans les environs, ils devaient escalader  la côte, célèbre montée, digne des murs de Huy ou du Cauberg, qui a usé tants de mollets et de souffle d’apprentis grimpeurs.

 
Une heure avant le passage prévu, les spécialises sont déjà là, l’article du journal présentant la course dans la main. Certains sont même venus à vélo, et portent encore les attributs du coureur (cuissards, maillots et chausures pour pédales automatiques ).

Ils commentent la course à venir : le profil, les chances de l’enfant du pays de briller enfin sur ses terres ; ils comparent avec d’autres événements qui vont passer dans la région, Tour ou Critérium ; ils saluent les organisateurs, tant de fois rencontrés, dans les rondes et kermesses  qu’ils ont hantés dans leurs jeunes temps.

 
Les villageois, eux, sont venus en voisins. Loin du morne ennui des dimanches, le passage de la course parmi eux est l’événement de l’année, qui réléguera loin dans les mémoires l’organisation du dernier comicce agricole ou la victoire aux jeux intervillages.

 
Quant aux enfants, bien que déçus du peu de cadeaux offerts par l’étique caravane publicitaire, ils attendent avec impatience le passage des sportifs.

 
Les journalistes de la presse régionale, les masseuses des équipes slovènes ou kazakhes au physique de top models et quelques vaches complétent le public, pas si clairsemé que cela.

 
Soudain, un brouhaha, des murmures, puis les motos des gendarmes apparaissent hiératiques ; on aperçoit quelques taches de couleur, un homme seul tout d’abord, puis une dizaine, le peloton, ensuite, enfin, les attardés, flandriens  aux cuisses imposantes ou grégari à cours de forme.

 
Tous ahanent, dans le bruit des dérailleurs et les gaz d’échappements, escaladant la pente, qui en danseuse, qui le torse droit  et les jambes moulinant régulièrement, portés par les encouragements sincères de tous les spectateurs.

 
Enfin, l’ouragan s’apaise, le carrousel s’éloigne, la   nature reprend ses droits, la petite route de campagne redevient ordinaire.

 
Chacun quitte alors ce théâtre, le cœur et la tête empreints d’une petite nostalgie. La fête est finie, il faut retourner à la maison.

 

 

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Publié dans Choses vues

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