Pan sur le Bec

Publié le par Fred

Après la " Face cachée  de l'Equipe ", après les ouvrages sur "Tf1, un pouvoir " ou le "Monde", c'est désormais le "Canard Enchaîné" qui est l'objet d'un brulôt " Le vrai Canard" ... Il est vrai que le fameux volatile est maintenant une véritable institution dans la mare aux canards de la presse écrite française, voire européenne ..

Qu'apprend-t-on dans cet ouvrage ?

Que les rédacteurs du Canard, notamment depuis l'arrivée au pouvoir des socialistes, ne semblent pas forcément toujours des plus objectifs, d'abord mitterandolâtres au point de minimiser certaines affaires (les "Irlandais de Vincenne" le "Rainbow Warrior", les écoutes ), puis chiracophobes, à travers la fameuse affaire du compte bancaire japonais et du fils caché, enfin sarkophiles, du moins pour certains d'entre-eux, quand ils ne sont pas "Carla-addicts" .

Que le journal a alimenté la presse collaborationniste la plus vile en rédacteurs et dessinateurs, que pour quelques cadres, versés immédiatement dans la résistance en 1940, beaucoup, certainement leurrés par leurs convictions anarcho-pacifistes ont cédé aux sirènes pétainistes, et que, plus grave encore, le "Canard " a recyclé quelques anciens caricaturistes de "Je suis partout " ou de "Gringoire".

Que sous Claude Angeli, ancien trotskiste assumé, le journal constituait autant un élement de propagande qu'un outil de pouvoir .....

Que le cénacle est presque exclusivement masculin, composé de journalistes dans la force de l'âge, que les diversités (femmes, jeunes, issus de l'immigration) y sont des plus rares, que le "Canard", tout donneur de leçons qu'il est, s'est constitué un joli magot et que les représentants du personnel n'y ont aucun droit ...

Faut-il alors cesser de lire un hebdomadaire que pour ma part, je n'achetais plus guère, lassé de la dénonciation systématique et avide de pragmatisme et de critiques constructives ?

Cela me semble tout aussi stupide de ne plus le lire que de découper ses articles avec précaution, que de prendre ses écrits comme le cinquième évangile, de consacrer un culte immémorial au volatile .

C'est oublier que tout journal est écrit par des hommes, humains trop humains, avec leurs vilenies et leurs compromissions, leurs convictions et leurs conventions, leurs sympathies et leur inimitiés, et qu'un journal reste un produit fabriqué, conçu et élaboré par d'autres, bref, que toutes ces choses se doivent d'être considérées avec un inévitable et personnel esprit critique .....
Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
c'est très bien qu'il n'y ait plus de vaches sacrées dans la presse, c'est le jeu de la démocratie! reste qu'un livre écrit par un ancien de paris match aujourd'hui au JDD et un de libération -des summums en matiere de morale journalistique- contre le seule journal qui n'a quasiment jamais été condamné pour diffamation affaiblit le propos . c'est dommage
Répondre