Blessures d'enfance

Publié le par Fred

Il y a quelque chose d'un peu paradoxal, de fréquenter si souvent les sites communautaires de recherche d'anciens amis, connaissances, collègues, colistiers, etc du type " Facebook " ou " copainsdavant", pour moi qui en fût, dans mon enfance et ma prime adolescence, si dépourvu .

Ceux qui  connaissent mon histoire personnelle savent à quoi je fais allusion : pour les autres, sans développer outre mesure, on a ses pudeurs, qu'ils sachent que mes récréations furent plus souvent consacrés à la lecture (je n'avais pas encore la passion de l'écriture) ou à la rêverie qu'aux jeux entre copains et aux joies du groupe, et que un des mes idéaux d'alors était de connaître une vie "Hollywood chewing gum", synonyme d'excursions en plein air et de virées entre amis, l'alcool et l'activité sportive en moins.

Les années aidant, et ma vie tant professionnelle qu'affective m'ayant comblé, avec le développement de nouvelles amitiés et de nouveaux réseaux, je pourrais croire ces blessures cautérisées, je pourrais penser les douleurs oubliées.

Il n'en est rien car si je ne me fais plus guère de soucis pour moi, j'ai reporté mes inquiétudes sur mes filles.

Au mépris d'ailleurs, à ce jour, de tout fondement réel et sérieux, je ne peux m'empêcher d'éprouver une angoisse sourde :  celle que mes enfants subissent le même sort que leur père, et ce d'autant que je pressens, chez l'aînée, une grande sensibilité couplée à un bon niveau intellectuel (et on le sait, dans cette jungle sans pitié qu'est l'univers scolaire, il ne faut pas être trop bon en classe, même en maternelle) .

Je parviens, parfois, à me rassurer en m'assurant que de tels handicaps ne sont pas héréditaires, qu'en plus d'être filles de leur père, elles le sont également de leur mère, laquelle n'a eu que peu de soucis de cet ordre, qu'enfin le contexte n'est pas tout fait le même, puisque elles fréquentent régulièrement leurs cousines, proches en âges et en kilomètres, ou les enfants de nos amis; puisqu'elles vont à l'école dans leur village de résidence, puisqu'enfin, les temps et les moeurs ne sont pas tout à fait les mêmes (quoique il n'est pas forcément plus facile de s'intégrer dans un village riche en  vieilles familles qu'en milieu urbain)

Quelque soit la vie sociale que mes enfants vivront, et, encore une fois, rien ne peut présager de l'avenir, il est certain que je ressentirais éternellement le préjudice de ces (petites) blessures d'enfance .





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Publié dans Du ressort de l'intime

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D
Ceci me fait penser à Hannah Arendt et sa description du monde de l'enfance. Au delà de sa pensée, le monde des enfants et de cette cour de récréation est sans doute un milieu injuste et oppresseur, mais il convient de le préserver de la justice et de la civilisation du monde adulte. L'univers, scolaire notamment, des têtes blondes n'obéit pas aux lois de l'univers familial (protecteur et conformiste) ou celui de la société civile (hypocritement égalitaire).L'arbitraire et la violence du monde propre à nos chers petits est-il inéluctable? Pessimiste comme jamais, je crois qu'il ne peut avoir que cette tendance tant il parait souhaitable de continuer à le protéger et par conséquent de cautionner ce risque de violence présociale que vivent les enfants. Ce monde est anarchique mais relativisons, la seule violence "légitime" exercée est celle des enfants sur les enfants c'est à dire entre pair.Bien sûr, on garde tous des bons et mauvais souvenirs, plutôt mauvais quand on n'est pas le petit attila du Cm1, mais sauf exception ils n'ont d'autres conséquences que d'avoir eu une place dans le monde infantile, comme nous avons tous une place dans sa famille ou au sein de ses amis. Une place rarement rationnelle.Dernier tempérament à ce monde pénitentaire, rares sont les amitiés durables d'enfance. les vrais amitiés, nous en avions déja parlé, naissent souvent en début de vie adulte par exemple durant ses études. Est-il possible d'envisager une amitié avec un "copaindavant" dans le cadre d'une retrouvaille électronique et nostalgique? je doute que oui sauf a supposer que délirer une fois par an sur les souvenirs d'autrefois  constitue le début d'une amitié.N'ayant pas encore de gosse, j'espére qu'il me sera possible d'accepter l'idée de ne pas interférer dans ce monde tyrannique. Difficile j'en conviens car la dose d'autoprojection dans sa progéniture est fatale et l'instinct de protection de notre marmaille est naturel. Seul élément de motivation dans cette discipline: l'intervention d'un adulte au secours de son enfant victime d'une violence symbolique d'un enfant ou de leur communauté est certainement davantage destructrice pour son avenir que la seule conséquence engendrée par la place qu'occupe et qu'occupera toujours l'enfant parmi ses pairs.  
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F
<br /> Hannah Arendt (Mme Heidegger ) appliquée aux cours de récré, fallait oser !<br /> Encore que le totalitarisme s'apprenne aussi dans le monde pas si merveilleux de l'enfance!<br /> A lire : " Sa majesté des mouches " de William Golding, ou le mythe du Robinson ....<br /> <br /> Mais dis-donc, t'aurais pas fait sociologie en première langue, toi ?<br /> <br /> <br />
L
Oui, mine de rien, il peut y avoir un lien...Même si il y a aussi des bloggueurs très extravertis pour qui le blog est le prolongement de leur animation de groupe dans la vraie vie...
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Z
Je comprends ton inquiétude. Mais je peux te rassurer, du moins par mon expérience personnelle: Pendant l'école obligatoire, il faut se confondre dans le moule et ne surtout pas être remarqué sous peine d'en souffrir. Mais comment empêcher ton cerveau et ta curiosité fonctionner? Moi aussi j'ai souffert dans mon enfance mais heureusement, j'ai été résistante et je pensais que la patience saurait bien payé. Et maintenant, tu vois, je suis au gymnase, et là, tout le monde a changé sa vision conformiste des choses et le but est même de se démarquer! On recommence une vie, on construit de nouvelles amitiés, on est complètement dans un autre état d'esprit. Je sortais rarement dans le passé, à présent, je vois souvent mes amis, je m'amuse mais je suis restée moi, avec tout ce que cette vie de solitude a pu forgé, comme mes opinions et mes passions! Mais il serait faux de dire que les temps changent. Il y a toujours une période où les enfants ont besoin de faire comme les autres et il y en aura toujours pour être à part. Mais ceux-ci ressortiront plus forts et plus expérimentés et vivront certainement par la suite, une vie meilleure...Et puis, on sait se remettre. Même si j'ai souffert pendant des années, ça m'est passé, j'ai aussi la chance d'avoir un caractère optimiste et de battante. Alors, j'espère que tes filles pourront s'épanouir et ne te fais pas trop de soucis. Elles apprendront aussi à s'en sortir si vraiment elles se retrouvaient dans ce genre de situation. Et la patience sait aussi être payante!
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F
<br /> Merci de vos commentaires, à Loïc et à toi . Dois-t-on croire, à leur lecture et à celle de ma note, que pour être bloggueur en 2008, il faut avoir souffert dans son enfance ! Je pense que, par la<br /> force des choses, on se tourne vers la lecture, puis l'écriture, puis sa version numérique : le blog !<br /> <br /> <br />
L
Tu n'es pas seul...Moi aussi, j'étais dans le même cas...Je ne fréquentais l'école que dans les horaires scolaires...Et, je retournais dans mon village en bus...Donc, pas de boums ou de sorties en ville...De même, quand sonnait le jour des vacances, je savais que pendant ces deux long mois, je n'allais fréquenter que les gens de ma famille (ce qui ne veut pas dire qu'on n'allait pas en ville et en vacances)... Une journée peut-être pendant l'été avec un copain de classe, et c'est tout...D'un autre côté, je ne m'ennuyais pas : j'écrivais, je lisais, je jouais au Playmobil, je dessinnais des petites cartes, je regardais la télévision, je faisais du vélo, et j'obéissais à mes parents quand il s'aggisait de sortir dehors et profiter de la campagne...Il y avait aussi le jour du foin à faire...etc...Bref, je comprends ce que tu veux dire : j'ai l'impression d'avoir commencé ma vie sociale un peu tard, d'avoir un manque, mais en même temps je ne pense pas en avoir souffert... Et ma foi parfois on troquerait bien les problèmes de notre âge avec ceux de cet âge-là...
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P
les enfants brillants ont souvent un caractère fort et peut être que dans la mini jungle qu'est la cour de récréation , la cruauté infantile fait que par esprit de survie on se jette sur le colosse aux pieds d'argile.Mais j'espère que la petite salomé  saura se défendre et aura pris le bagout de son tonton dans la cour!!
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