Maître de cérémonies

Publié le par Fred

Comme souvent lorsque le temps me manque, je vais picorer dans l'actualité pour rapporter dans cette note liens intéressants et jugements de valeur, affirmations  péremptoires  et petites phrases vachardes.

Commençons d'abord par le festival de Cannes et le triomphe du film "Entre les murs " . Honnêtement, n'ayant pas vu le film, je ne permettrais pas de juger de sa qualité ni de sa pertinence. Je sais seulement que Laurent Cantet est un bon cinéaste; dont j'avais par ailleurs apprécié les " Ressources Humaines ".

La quasi-totalité de la presse crie au génie, Marianne  à l'imposture (dans un petit article bien saignant et  à contre-courant comme on les aime link ) et le gouvernement est obligé de saluer un film, remise en cause cinglante de sa politique d'éducation, et d'immigration et de non-régularisation .

Non, ce qui m'amuse, c'est le décalage de plus en plus flagrant entre un festival de plus en plus glamour, où des mannequins et sportifs sont mis sur le même plan que des acteurs de théatre, des politiques et des vedettes de téléréalité, où des centaines de "people " se goinfrent, se gavent de champagne dans les soirées VIP et sont hébergés dans des suites à 1500 € la nuit, et des films de plus en plus sérieux, graves, voire lourds, de plus en plus empreints de messages soi-disants politiques, des longs métrages aux scénarios dignes des chansons de Murat ou de Mylene Farmer, et ayant pour sujet l'avortement, la peine de mort, Che Guevara ou le massacre des  camps de Sabra ou Chatila..

Nonobstant les qualités intrinséques respectives de ces films, je préfère finalement passer 90 mn avec Dany Boon et ses cht'is ou Dujardin et OSS qu'avec  M Bégaudeau ou la ribambelle d'acteurs comiques (Amalric, Deneuve, Consigny ) de "Un conte de Noël"...

Ainsi, j'ai revu avec plaisir mardi soir, après une première mi-temps footbalistique des plus moroses, le délicieux "Quatre mariages et un enterrement " avec un Hugh Grant non encore affublé de sa tête de chien battu et une Andie Mc Dowell  pas tout à fait loréalisée. Ce film, quintessence de la comédie romantique à l'anglaise, vaut bien sûr pour son intrigue, pour son interprétation (les deux déjà cités mais aussi la sarcastique Kristin Scott Thomas et le sosie de mon camarade gessien PoilàgraT, l'ineffable John Hannah) et surtout  ses dialogues dont je ne peux faire l'économie de vous citer quelques exemples :

- T'es toujours avec ta copine ?
- Ah non c'est plus ma copine...
- De toute façon elle se faisait culbuter par tout le monde !
- ...mais c'est ma femme.

Il y a du grand art dans tes retards !
- Merci, j'y travaille beaucoup.


Autre grand moment télévisuel, l'Eurovision. Si c'est toujours une délectation de regarder pendant quelques minutes (sinon, gare à la contamination des neurones ) des prestations de plus en plus surréalistes : dinde irlandaise, angelots azeris ou sosies de Sébastien Chabal, et si "Divine " ne l'était  vraiment que de nom, je me demande toujours pourquoi la France persiste à y participer, sachant que les votes se font désormais par simple sympathie géopolitique ou sentiment d'appartenance, et non par jugement de la qualité intrinséque des chansonnettes. Entre parenthèses, cela montre bien que la "Grande Nation " n'est pas des plus aimées (link )

Je finirais cet article par une définition de notre MC en chef, du programmateur numéro 1 de la télé, celui à qui on doit, paraît-il le retour de Sabatier sur une grande chaine, notre président adoré en citant une dernière fois "Marianne " et Nicolas Domenach qui en fait un portrait  des plus ressemblants

"François Mitterrand avait la Roche de Solutré. Nicolas Sarkozy a Rungis. Une chambre froide ? Non, une chambre ardente… Il s'y sent inspiré. Plus encore qu'au plateau des Glières dont il a voulu faire un centre de pèlerinage symbolique ! Le marché de Paris reste son lieu de prédilection. Sa campagne avait pris son essor là après son lancement à la porte de Versailles. Il aime cette palpitation d'hommes et d'entrailles, ces odeurs fortes et ces forts des Halles à la virilité gaillarde et fraternelle. Comme eux, il adore le Tour de France, le foot, les femmes, les bourrades amicales, les bonnes blagues et le travail bien fait."


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Publié dans Bloc Notes

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L
Article intéressant, et beaux liens vers des avis  de Marianne...D'accord avec toi pour le hiatus du festival de Cannes...
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P
une fois n'est pas coutume je jouerai le pseudo intello:j'ai bien aimé les chtis et je me surprends a rire tout seul devant OSS dujardin.... mais je sais aussi que "le vent se lève" , "fahrenheit 9/11"  ou peut être "entre les murs" me procure un sentiment différent: de la révolte, de la colère ou du bien être. Le kaleidoscope des sentiments est malgré tout beaucoup plus complet sur ces films, même si je répète que les 2 genres sont nécessaires...
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F
<br /> On est bien d'accord sur la différence de qualité, d'éventail d'émotions . Simplement, reconnaissons qu'il  y a quand même une césure entre le côté glamour, paillettes et luxe du Festival et<br /> la gravité des films en compétition ...<br /> <br /> <br />