Lettres rouges et souliers verts

Publié le par Fred

Le Quebec est  un grand exportateur de chanteurs et chanteuses pour le marché francophone : souvent fantasques comme "Lindbergh" Charlebois  ou l'inoubliable  interpréte des  " Adieux d'un sex-symbol", Diane Dufresne, mais très souvent   à voix, le ramage ne s'accompagnant pas toujours  de paroles intelligentes et la forme prévalant souvent sur le  fond. Il n'est ainsi  qu'à entendre  Natasha  Saint-Pier  ou l'égérie du "Petit journal" de  Yann Barthes, Céline Dion, pour s'en convaincre.

Il est pourtant  une chanteuse  québécoise, auteur compositeur et interpréte qui fait exception   à la règle : Linda Lemay écrit ainsi de très jolies, sensibles, fines et  émouvantes chansons comme " La Centenaire" " J'ai battu ma fille", "Les deux hommes " ou mon hymne autoproclamé que je ferais écouter en boucle à  mes filles si je pouvais : "Le meilleur c'est mon père". Elle sait aussi écrire des bijoux de drôlerie, comme "Bandes de dégonflés" ou "La cassette vidéo"

Ses chansons,  donnent  aussi une image plus réaliste et moins cliché, il me semble, de sa région natale: le Québec c'est bien sûr le Grand nord, les grandes étendues et les lacs, ce sont nos "cousins" mais c'est aussi et surtout un pays libéral et pragmatique, à la mentalité plus anglo-saxonne qu'angevine, un pays quelque peu réactionnaire, aussi, au niveau des moeurs et de la société, un pays où l'Eglise catholique est encore puissante, et où il n'était pas rare d'avoir des familles composées de très nombreux enfants (d'où la chanson "Maudite prière", sur l'avortement par exemple) .

Alors, bien entendu, on me rétorquera, et c'est un peu vrai, que ses mélodies se ressemblent toutes un peu, que les derniers albums apparaissent inférieurs aux premiers. Certes..


Mais la question qui me  taraude,  à propos de Linda  Lemay, chanteuse discrète et relativement rare à la télé, est la suivante : comment  une telle  personne, fine et sensible, a pu vivre une histoire d'amour avec un  des "colons" ou beaufs québécois qu'elle décrit dans ses chansons,  le symbole de la vulgarité et de la réaction, l'ineffable  Laurent Gerra ?  L'amour a parfois de ces aveuglements .....
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Publié dans Ma discothèque

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