Le Montespan

Publié le par Fred

Curieuse histoire que celle du Marquis de Pardaillan , gentilhomme gascon qui eu l'heur et le malheur d'épouser et de tomber amoureux de sa femme Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan.

A une époque où les mariages sont plus de raison que d'amour, où il est presque aussi mal vu pour un nobliau d'aimer son épouse que de travailler, notre marquis, fou amoureux de la divine et lubrique Athénaïs, prend fort mal le fait que celle-ci, alors qu'il court guerroyer en Pyrénées, devienne la favorite de Louis XIV.

Et alors que n'importe quel courtisan se réjouirait de son infortune, notre marquis va se battre toute la vie contre le bon plaisir du Roi qui, parce qu'il en a décidé ainsi, s'arroge tous les droits sur sa favorite, jusqu'à interdire son lit au légitime.
Il coiffera d'immenses cornes son carrosse, fera dire des messes chaque année en honneur de son amour défunt, et pour tout dire, avec l'inconscience d'un pot de terre, s'attaquera au Soleil, lequel n'aura de cesse que de lui pourrir la vie.

Telle est l'histoire du Marquis, narré par Jean Teulé (un ancien de feu l'"Assiette anglaise") dans "Le Montespan", ouvrage truculent et cru mais fort jouissif . Tout est chair et viscères, humeurs et odeurs dans le livre : cela sent le sperme et la m...., les fragrances d'un roi qui prenait un bain une fois par an, les chicots des courtisans edentés, la fornication et la sodomie.

Car, à Versailles, on péte, on rote, on ch.... en plein jour, on n'a pas de mépris pour ces exhalaisons naturelles, tout s'y fait en public et pendant que le roi se fait gâter p ar Athénaïs(il paraît d'ailleurs que l'organe royal était loin d'être aussi majestueux que son ego), on crève dans les campagnes, on se fait massacrer dans les guerres nombreuses et inutiles, pendant que l'on copule dans tous les coins, le peuple gronde, c'est le calme avant la tempête, la quiétude avant l'orage.

Avec des si et des uchronies, il est facile d'écrire l'histoire mais la détermination vaine et le mépris du Montespan devant les bassesses et les veuleries du monde, ont quelque chose de pré révolutionnaires ....
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Publié dans choses lues

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