Pompompidou
Je l'avais déjà évoqué dans Bergsonien mais "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ", revu lundi sur TV 5, est certainement ce qui fait de plus grinçant dans le genre.
Certes un peu daté " folles années Pompidou", il a au moins le mérite de relater et retracer précisément les années 70, celles d'avant la crise....
Ce qui me surprend d'ailleurs, c'est l'étonnante liberté de ton du film : on peut s'y moquer de la religion, catholique en l'occurrence, même sous le prétexte de pourfendre les Marchands du temple, et de la nouvelle mode initiée par "Jésus super star", en flirtant parfois avec le mauvais goût, sans crainte du scandale; on peut y avoir une conception de la femme quelque peu machiste (mains aux fesses, bombasses ou foldingues, mannequins et lolitas, nonobstant peut-être le personnage interprété par Marina Vlady) sans craindre des articles suicidaires des Clémentine Autain ou '"Osez le féminisme" de l'époque qu'étaient alors Gisèle Halimi, Antoinette Fouque ou le "MLF" ; on peut se gausser d'un certain snobisme culturel, par le biais du désormais fameux "TUP" (Théâtre Urbain Populaire) sans craindre une diatribe de "Télérama" ou de "Libération".
Et si on ne peut guère évoquer la politique des années "Pompidou" (ne rêvons pas), le quatrième pouvoir, celui des médias, oh, transgression ultime, y est très fortement moqué: les bidonnages, les copinages, les manips, le snobisme des gens de radio (alors média en vogue, à travers "Radio Plus", allégorie d'"Europe 1") et de la caste y sont dénonçés sans concessions.
Je crois d'ailleurs que c'est cette dernière corporation qui s'opposerait le plus désormais à une satire du même ordre dans les années 2010, à croire que les années dites de "plomb" étaient finalement plus libres qu'aujourd'hui !!!