Monsieur Gabin
Je connaissais les amours de Jean GABIN, et notamment ses liaisons avec deux des plus belles femmes de leur temps: Michèle et Marlène, comme je connaissais son passé de héros militaire (même si j'ignorais l'épisode du Berghof à Berchtesgaden ) et sa difficulté à repartir, lui l'homme de 40 ans aux cheveux déjà blancs, après la guerre.
J'ignorais par contre sa volonté absolue d'être père, de fonder une famille solide, ses qualités (ou ses défauts) de papa poule jusqu'à la possessisivité et son absence au mariage de sa fille aînée.
Il faut voir son fils témoigner, comme un sosie presque parfait (voix et visage compris) évoquer son père, en l'appelant presque toujours par son diminutif si affectif de Papa, pour s'imaginer la puissance de l'amour paternel et filial de la famille Moncorgé
Je savais son amitié quasi fraternelle avec Lino Ventura, l'un ayant trouvé un père de substitution, l'autre un alter ego de 25 ans plus jeunes.
Je méconnaissais la blessure qu'a représenté pour lui le refus du monde agricole de l'accepter en son sein comme tel, lui qui avait passé des années et consacré une partie de sa fortune au bon fonctionnement de sa propriété de rapport en plein coeur du bocage normand.
Lui qui était très conservateur, qu'aurait-il pensé des blocages des dépôts, alors qu'en mai 68, il s'est empressé de partir à la campagne pour faire des provisions ? Qu'aurait-il aussi pensé de notre Président Bling-Bling, lui qui refusait toute interview, qui accordait rarement sa confiance à un nouveau venu, qui fonctionnait avec son équipe habituelle sur tous ces films !
C'est plus à l'homme qu'à l'acteur (on ne voit que quelques images furtives du "Pacha " ou du "Chat ") que la décidément excellente émission "Un jour, un destin", rendait hommage hier soir.
Et je comprends d'autant mieux l'estime, voire l'admiration, que porte ptitfrère2 au gentleman d'Epsom, au Patriarche, au Président !