Guerre des Radios
Tourner le bouton du poste a été longtemps été un des premiers gestes que j'ai fait le matin , et j'ai déjà évoqué lors d'une note assez ancienne le pouvoir d'évocation de la radio .
Les soubresauts du récent mercato radiophonique ( l'ultime rebondissement étant le départ envisagé de Nicolas Demorand d'" Europe 1 " pour "Libération" et l'arrivée de Denis Olivennes en lieu et place d'Alexandre Bompard), ainsi que la lecture récente de la biographie d'un célèbre "gentil " animateur, me donnent l'occasion de réévoquer le pouvoir des ondes .
La radio, pour nous, cela a d'abord essentiellement été un duo ou un dilemne entre "RTL" et "Europe 1", les deux stations périphériques,la première étant plus marquée par une coloration populaire, des jeux, des émissions de vacances et d'humour (les fameuses "Grosses Têtes"), la seconde étant plutôt axée sur ce qu'on appelle l'"infotainement", mélande d'info, de culture et de divertissement.
Nous n'écoutions guère "France Inter " à l'époque (hormis peut-être l' " Oreille en coin" ), France Bleu n'existait guère que sous la dénomination "Radio Bleue", alors très axée sur un public de retraités qui n'étaient alors pas des "seniors"et je vous parle d'un temps que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaître puisque les radios dites libres n'émettaient pas encore (d'ailleurs, à part la regrettée R V V et Radio Nostalgie, je n'ai guère franchi le rubicon des radios privées et associatives avant le début des années 90 ).
Paradoxalement, à part quelques réminiscences ( l'émission de Michel Drucker, "Studio 1", le matin, que je crois nombre de chauffeurs de cars scolaires qui nous conduisaient au collège aimaient à écouter; plus tard, les roucasseries du midi, les émissions des "Inconnus " ou celles de " Jean-Luc Delarue"), et malgré l'image de marque moins journalistique que conservait sa collègue de la rue François 1er, c'est bien surtout des émissions de la station de la rue Bayard dont je me rappelle : la célébrissime Valise, bien sur, "Stop ou encore " ou "RTL vous offre vos vacances " (assurément un mythe familial )mais aussi "Casino Parade " de l'ineffable Fabrice, le "Quidam", les "Grosses têtes " (que j'associe bizarrement toujours à des travaux de jardinage dans le petit jardin de ma grand-mère, le "Journal Inattendu " ou l'émission "cinéma " de Remo Forlani du samedi après-midi...
Aujourd'hui, je n'écoute plus guère les périphériques, sauf parfois en vacances lorsque nous arrivons à capter "RTL" (même Europe, qui reste branché sur le poste radio de la salle de bains paternelle, me paraît trop marqué "info" "débats ", et pour tout dire un peu trop connoté politiquement ) et suis plutôt désormais un adepte des stations de la maison ronde : France Inter, Bleu, Culture et Musique, auquel je déroge parfois pour des stations typiquement musicales comme "MFM", "Nostalgie " voire "Isa"
C'est certainement pour cela que l"évocation des émissions d'antan, comme peuvent l'être celle de "Quitte ou double " ou Zappy Max pour la génération de mes parents, conservent aujourd'hui un subtil parfum d'enfance ....