Grande distribution
Alors que les médias relatent, en guise de traditionnel "marronnier " de rentrée, l'habituelle course des familles nombreuses, dopées à l'Allocation de rentrée scolaire, vers les fournitures de bureau et les cartables (mais aussi les baskets de marque et les vêtements), le moment est venu pour moi d'évoquer les supermarchés, hypers voire hardiscounters, bref la grande distribution, que j'ai vu évoluer au cours de ma plus si courte vie....
Il ne sera pas question ici des méthodes de management ou de gestion, déjà abordée par ailleurs dans la note " Marge arrière
Je ne vous parlerais pas des no man's land que sont devenus ces franges de territoire intermédiaire, interstices entre zones urbaines et périurbaines, où on trouve désormais toute la gamme des produits et des standards de prix, depuis la farfouillerie jusqu'au magasin "lounge", même si le "made in China ou au Banglasdesh" y trône .
Je n'évoquerais pas les grandes surfaces de bricolage, lesquelles me sont aussi étrangères que les hiéroglyphes ou la Pierre de Rosette, magasin des énigmes et panthéon de la désespérance (avouons le, c'est un peu glauque, ces magasins), indifférent que je suis à la panoplie des tours, mèches et autres forêts qui le peuplent.
Je ne m'attarderais pas non plus sur cette boutique géante de sport: il suffit de toute façon d'aller dans le moindre camping, sur le plus fréquenté des sentiers ou les plages les plus à la mode pour y apprécier l'étendue de leur catalogue.
Je ne parlerais pas enfin de deux autres enseignes de légende : le géant suédois du meuble qui, malgré une image tenace de fervent défenseur du développement durable, s'avère particulièrement féroce avec ses salariés, et la Fédération Nationale d'Achat des cadres, désormais quintessence de la bobologie puisque on y retrouve les nombreux produits vantés par "Libé", les "Inrocks", et autres " Télérama", les livres numériques (oxymore magnifique) sans oublier l'intégralité des produits de la marque à la pomme : tablettes, smartphones, baladeurs numériques. C'est tout juste si les prix ne sont pas uniquement accessibles en QR code.
Non, ce sur quoi je souhaitais m'étendre, c'est bien entendu le supermarché à dominante alimentaire, de quartier.
Lui aussi a désormais bien changé : adieu les fromages, charcuterie ou autres viandes vendues à la coupe; tout est désormais préemballé et prédécoupé, adieu les cornets en plasqtique, fournis, on se doit d'avoir son propre cabas; adieu bientôt les chewings gums en tête de gondoles (lutte contre l'obésité oblige), place au "bio " et aux produits du terroir, finie la queue à la caisse, celles de moins de 10 articles compris, et le sourire des caissières (on dit d'ailleurs "hotesses de caisse"): tout, y compris le paiement, est désormais "self service"; et le "drive '" se développe pour les "business women" ou les pères au foyer débordés : avec trois clics, un numéro de carte bleue et la commande est désormais passée, emballée prête à être récupérée...
Les courses au supermarché, pour moi, c'étaient en vrac : la "garantie" qu'il fallait faire remplir à la caisse centrale, après une attente digne des plus grands bureaux de poste; les bouteilles consignées, à placer sur le plateau tournant, le rituel de la caisse donc -le tapis roulant; la petite pancarte "client suivant SVP", sans oublier la séparation quasi darwinienne entre courses alimentaires et les autres qu'il nous fallait respecter- les promotions auquel il nous fallait résister, au risque de voir notre garde-manger exploser devant tant de profusion.
Et je ne vous parle pas des nombreuses "charrettes"; du Sanal et de ses timbres de fidélité, du Parunis ou du Prisunic, de la cafétéria au perroquet (les connaisseurs apprécieront )....