Eligibilité

Publié le par Fred

Après " La République des Territoires " et  "La Ville émiettée", et dans la lignée des deux ouvrages de Pascal Dibie, le "Village retrouvé " et le "Village métamorphosé", je viens de terminer la lecture de "Jours tranquilles en 89" (le département, non lannée) , sorte de petit précis d'ethonologie politique à travers l'analyse de la classe politique de l'Yonne, décidément terrain de chasse favori des ethnologues (voir les livres de Dibie, déjà cités, sur Chichery et Appoigny)

 

"Jours tranquilles " essaye de comprendre les ressorts de l'éligibilité d'un élu local ou parlementaire à travers des exemples choisis : les maires ruraux et conseillers généraux, le maire d'Auxerre, les représentants du parti communiste, les parachutés célèbres (en l'occurrence, ici, Henri Nallet).

 

Le livre est assez ancien car vieux de près de 25 ans et la vie politique a changé : le parti communiste est maintenant moribond, François Mitterrand n'est plus de ce monde, deux réformes territoriales sont passés par là, avec notamment l'émergence de la région et de l'Intercommunalité, et le périurbain remplace le rural, dans la foulée du TGV.

 

Le personnel politique icaunais a cependant, et c'est le plus étonnant, finalement assez peu changé : Jean-Pierre Soisson et Henri de Raincourt étaient alors en pleine ascension (le livre se termine quand Soisson succombe aux sirènes de l''ouverture avant de se compromettre avec les voix du Front national ..) et le jeune Guy Férez venait d"être élu conseiller municipal d'Auxerre avant de prendre la ville quinze ans plus tard .....

 

De même, les conditions d'éligibilité, si elles ont certainement évolué et que le même livre avec la même méthode aboutirait certainement à des évolutions, que je présume cependant marginales, apparaissent encore très actuelles : l'enracinement dans le territoire, l'articulation entre mandat national et mandat local, l'appartenance à des grandes familles et descendances d'élus, mais également la compétence et le dynamisme, lequel ne doit pas se traduire cependant par un trop profond bouleversement des habitudes et une ambition trop débordante.Il est vrai que l'Yonne est un département rural et modéré, assez peu industriel (actuellement, si les communes d'Auxerre, Tonnerre et Sens sont gérés par la gauche, le département est très profondément à droite et les parlementaires sont tous UMP ou radical...)

 

Tout l'enjeu sera, pour les futurs candidats de 2014, de faire leur propre analyse du terrain électoral pour savoir qui, d'un chef d'entreprise vagabond, candidat successif dans différentes communes, selon ses chances supposées de victoire mais avec l'aura du patron, d'un épicier ou industriel local, ou d'un jeune prétendant ayant pour lui l'implication et l'investissement dans les associations locales, ainsi qu'une compétence, réelle ou supposée, mais qui n'est pas "né natif" , aura le plus de chances .........

 

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article