Bulles et galettes
J'ai décrit, dans des notes précédentes, mes lectures nostalgiques de Tintin Ligne Claire ou de Michel Vaillant ( Concerto pour pilotes )
Il est vrai qu'avec les ouvrages des Bibliothèques roses et vertes, les bandes dessinées furent de mes premiers terrains de jeux littéraires.
Des grands classiques, comme Astérix ou Lucky Lucke ( dont je découvre encore quelquefois des astuces oubliées, des calembours inconnus) aux délicieusement surannés "Gil Jourdan" ou " Gaston Lagaffe", des humoristiques "Pierre Tombal" et " Femmes en Blanc" aux "Tuniques Bleues", je passai ensuite à Lauzier et Gotlib, puis à Manara et à " L'écho des savanes ". Et je passe sur mes années "Pif gadget " (avec le duo de choc "Placide et Muzo"), ou "Journal de Mickey"
Issues de la collection familiale, empruntées à la bibliothèque ou dévorées dans les coursives d'un supermarché, à l'heure de la vespérale séance de courses hebdomadaire, elles furent brusquement abandonnées à leur sort à l'occasion de mes années autrichiennes.
Si je ne lis plus guère désormais que quelques ouvrages rares, plutôt satiriques et polémiques ou destinées aux adultes, c'est que la BD a pour moi une tare irrémissible : elles se lisent trop vite et ne sauraient, à elles seules, assouvir ma ration quotidienne d'imprimés
C'est peut-être encore grâce à mes filles que je m'y replongerai : l'aînée, ayant épuisé la collection des "Tintin", est désormais assez grande pour se débrouiller seule et se plonger, à son tour , dans le royaume des phylactères.
Il en sera certainement de même pour les vinyles. A l'heure du numérique et de la Clé USB, dans une époque où même les radiocassettes apparaissent d'outre-tombe, petites et grandes galettes apparaissent rapidement exotiques pour des enfants du XXIème siècle.
Mon répertoire personnel est, il est vrai, des plus baroques et bariolés : depuis les inévitables chansons pour enfants (Chantal Goya et Dorothée) aux désormais introuvables tubes de C Jerôme, des Shorts ou des MiniStars, sans oublier quelques grands classiques : Mozart et la Compagnie Créole, Joe Dassin et Pierre et le loup, Michel Sardou et compilations Nrj, Beatles et Bande à Basile ...
Je me souviens ainsi du Prince Saphir, que mon plus jeune frère écoutait en boucle, jusqu'à en connaître par coeur dialogues et intonations (et je sais une petite fille qui, sur un support différent, pratique la même écoute passionnée des aventures de Blanche Neige)
Bulles et galettes sont ainsi, au même titre que les Playmobil et les Vignettes Panini, les "stop frites " ou les cabines téléphoniques, des vestiges rémanents de mes années d'enfance .