Abus de pouvoir
Je ne pouvais décemment pas passer à côté du phénomène politico-littéraire de cette fin de printemps, de ce best-seller qui s'ignore, comme offert en cadeau d'anniversaire (2 ans déjà) au locataire de l'Elysée, le pamphlet "Abus de Pouvoir" de François B, comme une sorte de "coup d'état permanent " des années 2010....
J'ai eu beau y aller de tous mes arguments, jouer de toute ma séduction (intellectuelle, s'entend); mon cercle familial reste cependant sourd à mes sirènes et refuse définitivement de compulser le dit ouvrage...
Il est pourtant fort bien écrit, normal pour un agrégé de lettres, riche en formules latines et en phrases cinglantes, riche surtout de ce sens de l'histoire, que la plupart des illustres devanciers avaient, à des degrés et formations diverses; et que le président actuel ne possède guère, lui qui donne des leçons de civilisation aux peuples africains, et ne voit guère plus loin que le prochain JT ou la prochaine couverture de "Match" . Car Nicolas Sarkozy substitue "Voici" à "Esprit", Alain Minc ( qui reçoit dans l'ouvrage de Bayrou la correction, certes uniquement littéraire et intellectuelle, qu'il mérite) à Froissart ou Commynes ...
Il est pourtant porté par une affirmation forte, celle que Nicolas Sarkozy, en s'alignant outrageusement sur les modèles américains et anglais, amène la France là où elle ne souhaite pas aller, vers l'abandon de son modèle social et républicain,de ce modèle où le travail, qu'il soit manuel ou intellectuel, était valorisé, où on préférait l'industrieux au financier, le savetier au rentier, de ce pays où Voltaire ou Hugo étaient des icones, où l'irrévérence et la satire étaient valorisés, où la moindre interjection n'était pas poursuivie au Tribunal, où malgré tout, on essayait de conserver une certaine mythologie de la liberté ou de l'intelligence de la presse, quatrième pouvoir qui n'hésitait d'ailleurs pas à abuser du dit pouvoir, où le juge instruisait à décharge comme à charge (sauf à Outreau); où le présumé coupable, succédané de justice pour les riches qui pouvaient se payer de bons avocats, ne sévissait que dans les séries américaines.
On a vu pourtant l'impéritie du modèle ultralibéral, on a appris à découvrir les vices cachés du pays merveilleux des homo oeconomicus, mais l'omni (scient, potent, présent, vore) président semble ne pas en voir les effets pervers . Ironie de l'histoire, le président français apparait désormais plus conservateur et arc-bouté sur ses principes que son homologue américain.
On pourrait dire ce que l'on voudra, que l'homme est ambitieux et n'a pour seule vision que celle de 2012, que, ancien suppôt du giscardisme, il semble brûler ce qu'il a adoré, qu'il y a sans doute beaucoup de stratégie et d'affectation dans ce discours nouveau. Certes. Il est pourtant peu déniable, à mes yeux, en tous cas, que, loin des délires marxisants et antidémocratiques d'un Besancenot, loin de la mascarade quotidienne de notre duo comique féminin; la mére emptoire qui veut faire rock pour complaire à son nouveau gourou, le beau Benoît, et la bobo en sari clamant fraternité et s'excusant de tout et son contraire, qu'à côté des libéraux-libertaires des Verts ou du dépressif Mélenchon, le Modem et son routeur en chef soient consacrés parmi les plus pertinents et pugnaces opposants à NS, l'hyper.
J'ai eu beau y aller de tous mes arguments, jouer de toute ma séduction (intellectuelle, s'entend); mon cercle familial reste cependant sourd à mes sirènes et refuse définitivement de compulser le dit ouvrage...
Il est pourtant fort bien écrit, normal pour un agrégé de lettres, riche en formules latines et en phrases cinglantes, riche surtout de ce sens de l'histoire, que la plupart des illustres devanciers avaient, à des degrés et formations diverses; et que le président actuel ne possède guère, lui qui donne des leçons de civilisation aux peuples africains, et ne voit guère plus loin que le prochain JT ou la prochaine couverture de "Match" . Car Nicolas Sarkozy substitue "Voici" à "Esprit", Alain Minc ( qui reçoit dans l'ouvrage de Bayrou la correction, certes uniquement littéraire et intellectuelle, qu'il mérite) à Froissart ou Commynes ...
Il est pourtant porté par une affirmation forte, celle que Nicolas Sarkozy, en s'alignant outrageusement sur les modèles américains et anglais, amène la France là où elle ne souhaite pas aller, vers l'abandon de son modèle social et républicain,de ce modèle où le travail, qu'il soit manuel ou intellectuel, était valorisé, où on préférait l'industrieux au financier, le savetier au rentier, de ce pays où Voltaire ou Hugo étaient des icones, où l'irrévérence et la satire étaient valorisés, où la moindre interjection n'était pas poursuivie au Tribunal, où malgré tout, on essayait de conserver une certaine mythologie de la liberté ou de l'intelligence de la presse, quatrième pouvoir qui n'hésitait d'ailleurs pas à abuser du dit pouvoir, où le juge instruisait à décharge comme à charge (sauf à Outreau); où le présumé coupable, succédané de justice pour les riches qui pouvaient se payer de bons avocats, ne sévissait que dans les séries américaines.
On a vu pourtant l'impéritie du modèle ultralibéral, on a appris à découvrir les vices cachés du pays merveilleux des homo oeconomicus, mais l'omni (scient, potent, présent, vore) président semble ne pas en voir les effets pervers . Ironie de l'histoire, le président français apparait désormais plus conservateur et arc-bouté sur ses principes que son homologue américain.
On pourrait dire ce que l'on voudra, que l'homme est ambitieux et n'a pour seule vision que celle de 2012, que, ancien suppôt du giscardisme, il semble brûler ce qu'il a adoré, qu'il y a sans doute beaucoup de stratégie et d'affectation dans ce discours nouveau. Certes. Il est pourtant peu déniable, à mes yeux, en tous cas, que, loin des délires marxisants et antidémocratiques d'un Besancenot, loin de la mascarade quotidienne de notre duo comique féminin; la mére emptoire qui veut faire rock pour complaire à son nouveau gourou, le beau Benoît, et la bobo en sari clamant fraternité et s'excusant de tout et son contraire, qu'à côté des libéraux-libertaires des Verts ou du dépressif Mélenchon, le Modem et son routeur en chef soient consacrés parmi les plus pertinents et pugnaces opposants à NS, l'hyper.
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