Epicerie volante

Publié le par Fred

C'est un bien joli petit film que "Le fils de l'épicier", une histoire de famille (où le toujours sombre et excellent Daniel Duval joue un père dur et exigeant face à un Nicolas Cazale, rentré) , une histoire d'amour (entre le même Nicolas Cazale et la charmante Clotilde Hesme ), une description des jolis paysages de la Drôme Provencale et des Hautes Alpes, le film étant tourné à Rosans, une chronique sociale et campagnarde aussi.

C'est en effet un hommage à une certaine France rurale, loin des clichés,  qu'ils soient positifs (le nouveau mythe d'un retour à la terre, où des hordes de parisiens, lyonnais, ou même britanniques, comptant échapper aux miasmes de la vie citadine partent s'enterrer à 80 km de la ville, en pleine campagne, inconscients qu'ils sont des difficultés existant à la campagne: les services publics qui ferment, ou qui n'existent tout simplement pas, faute de moyens et de volonté politique) ou négatifs (sur les paysans, ces péquenots, ces ploucs, comme diraient nos amis décérébrés, supporters du PSG). On y voit des hameaux perdus, des petits vieux perdus et isolés, des commerces qui se ferment, et l'arrivée du camion ambulant de l'épicier (comme autrefois celui du boucher, celui du boulanger, voire celui du banquier ) constitue parfois un des seuls contacts avec la civilisation, à l'exception peut-être du passage du  facteur.
Il se dit ainsi que certains villageois s'abonnent à la presse régionale pour obtenir l'assurance de voir le postier tous les jours, sauf le Jour du seigneur ...

Ce qui est amusant d'ailleurs, c'est qu'après la désaffection et le déclin de ces camions au cours des années 80 et 90, on y revient, certaines communes ou communautés de communes utilisant ainsi ces véhicules comme "bébébus" (crèche ou halte garderie itinérante), ou comme officine ambulante de coiffeurs .

Sans miévrerie, sans illusions, tout en finesse et en ellipses, le "Fils de l'épicier" rend hommage à cette  communauté, encore un peu éloignée du tourisme de masse, à ces commercants de base, qui avec le maire, la secrétaire de mairie et l'agent de la poste, parfois l'instituteur, constituent bien souvent les ressources humaines de territoires oubliés...
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Publié dans Choses vues

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