Fils de .....

Publié le par Fred

L'actualité a parfois de  ces téléscopages ironiques. Ainsi, alors que le vote de la  néième loi sur l'immigration est en discussion au Parlement (qui ne sera pas le sujet principal de cette note; d'autres en ont écrit bien avant moi....), la Cité de l'immigration ouvre ses portes. 

Drôle de destin que ce musée , dont l'idée  fut murmurée sous  Jospin, et qui fut porté sur les fonts baptismaux  après le traumatisme du 2 1 avril par Jacques Chirac (lequel avait certainement  bien des défauts mais possédait une conception de l'identité nationale et de la mémoire bien différente que son successeur) pour ouvrir finalement sous Sarko 1er. 

Hebergé dans  un  Pavillon de l'exposition coloniale de 1931 (de cette époque glorieuse où on exposait les pygmées et les Vénus hottentotes comme d'autres les singes ou les crocodiles), il est inauguré en catimini et ni le Président de la république, ni sa grande amie ministre de la justice, tous deux pourtant enfants d'immigrés n'ont daigné s'aventurer Porte dorée... Ne connaissant le musée qu'à travers les médias, je me garderais bien de l'analyser mais l'amateur d'histoire que je suis semble plus interessé par la visite de cette Cité que par celle du Quai Branly..... 

www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3208,36-964802@51-963901,0.html


Autre ironie de l'histoire, mais qui n'est pas cette fois due au hasard, la polémique entre le tiers-mondain BHL et le plumaillon Guaino. La cause en est bien sûr le fameux discours de Dakar, prononcé par NS devant un public qui en est resté vert de colère et rouge d'indignation ( à relire sur ce lien www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html)

Dans ce discours, NS y aborde le thème de la repentance (notamment sur l'esclavage, pour lequel une partie des nations africaines partagent certes une part de responsabilité, ou sur le colonialisme), et fait contrepoint à ses allocutions précédentes sur l'immigration choisie. Mais le noeud du problème semble être le rapport au Temps des civilisations africaines, temps qui, d'après Guaino, n'est pas concu comme linéaire (un temps historique ou hégélien) mais cyclique, comparable à l'éternel retour des Grecs et du Nietzsche de Zarathoustra...
Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas tout à fait persuadé d'avoir tout saisi (je manque certainement de corpus philosophique) mais je decèle quand même une marque de condescendance du président français envers les bons nègres africains. Sans tomber dans l'angélisme, ni le systématisme, il me semble que l'on est bien loin d'"Indigènes", du Musée des Arts premiers mais un peu plus proche de la Porte dorée, version 1931.

(voir aussi ce point de vue d'un professeur de génétique www.liberation.fr/rebonds/270247.FR.php


Pour terminer cette note (dont le titre renvoie à la chanson éponyme de Jacques Brel), j'évoquerais un film dont le sujet peut paraître lointain (quoique?) puisqu'il s'agit de "Joyeux Nöel" de Christian Cariou. Sorti l'an dernier,et ayant connu un succès public à défaut de critique, il évoque, avec beaucoup de sensibilité et d'émotion les premières fraternisations entre soldats de la première guerre mondiale en décembre 1914. Certaines scènes osnt parfois maladroites, la légende un peu enjolivée (même si ces fraternisations ont vraiment eu lieu et réprimées comme il se doit en ces temps où les écoliers allemands, français et anglais se voyaient inculquer dés l'école la haine de l'autre) mais la scène des échanges des morts au feu, par exemple, ou du récital des chanteurs d'opéra d'allemands (doublés par Natalie Dessay et Rollando Villazon, de surcroît) et de la messe ont fait perler quelques larmes sur mon visage ému....

Et on revient alors aux paroles du Grand Jacques :

 Fils de bourgeois
Ou fils d'apôtres
Tous les enfants
Sont comme les vôtres
Fils de César
Ou fils de rien
Tous les enfants
Sont comme le tien
Le même sourire
Les mêmes larmes
Les mêmes alarmes
Les mêmes soupirs
Fils de César
Ou fils de rien
Tous les enfants
Sont comme le tien
Ce n'est qu'après
Longtemps après







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Publié dans Politique

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L
Ca me fait aussi un peu penser à la chanson "Russians" de Sting : "Believe me Russians love their childrens too" Pas mal de rappeler cela en pleine guerre froide
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F
c'est vrai : je ne me souvenais plus de cette chanson. Depuis, je l'ai tout le temps dans la tête. Merci, Loïc :-))
P
tres interessante note ou je suis d'accord avec toi . quand au film joyeur noel , sais tu que l'anecdote du chat fusillé est rigoureusement authentique?
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F
Oui, mais elle n'apparaît pas dans le film (dans les bonus) car le réalisateur pensait que cela ne passerait pas, alors qu'elle est effectivement authentique