Faire du ciel ...

Publié le par Fred

Pour moi qui ne le prend guère (moins que par un temps, en tous cas et, n'en déplaise à Brel, les séparations sur le tarmac n'avaient pas alors la puissance émotionnelle de celles sur les quais de gare ) un voyage en avion reste toujours exotique, et jamais dénué d'angoisse (au décollage et à l'atterissage; bien entendu mais la crainte naît aussi du sentiment de claustration et de l'attente fiévreuse devant le tapis à bagages) .

 

Et encore, les aéroports de province, me paraissent (un peu) moins froids et impersonnels que l'est Roissy, par exemple.

 

Les contacts humains sont d'ailleurs des plus rares car, à l'exception de ceux, rigidement professionnels avec le personnel de bord, ou celles, viriles et tatillonnes, de celui affecté à la sécurité, on peut désormais quasiment s'en affranchir au départ, en s'enregistrant directement sur les bornes (voire sur smartphones) et en se contentant d'unsimple bagage à main. L'avion n'a pas, il est vrai, la même puissance érotique que les trains de nuit où les transports amoureux rejoignent parfois les traversées ferroviaires

 

Et puis, l'avion n'est guère démocratique : hormis quelques familles, on retrouve surtout en dehos des grandes ruées de l'été ou des vacances d'hiver, beaucoup d'hommes d'affaires, de cadres dynamiques ou d' "executive women". C'est un second paradis pour les smartphones et les portables (normal, au dessus des nuages), et j'en sais certain qui répugnent même à les éteindre une fois l'avion sur le point de partir.

 

Autre indice de l'élite; l'aéroport est ainsi le règne des magasins de luxe : parfumeries, spiritueux, spécialités et parmi les journaux proposés, on n'y trouve guère "l' Humanité" (même dans les vols à destination de Moscou) ou "Tiercé Magazine", mais bien "Le Monde"; "L'Equipe","le Figaro", "La Tribune".

 

Quant au magazine "maison" de la compagnie française, il représente  à lui seul les clichés du public visé : reportages sur des destinations à la fois à la mode et point trop populaires, promotion des oeuvres de stylistes, architectes, désigners branchés, publicités pour des restaurants improbables, des bistrots de grands chefs ou plus signifiants encore, des clubs de "strip tease", ou plutôt de "Lap Danse"

 

Un voyage en avion est donc, pour moi, une incursion en terre inconnue, une découverte mi-candide, mi-amusée d'autres peuplades ....

Publié dans Choses vues

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