Dramaturgie républicaine

Publié le par Fred

Comme à chaque échéance, une élection présidentielle est un moment important d'une vie. D'abord, puisque qu'il y en a assez peu, et que surtout le changement n'est pas toujours forcément à l'ordre du jour, qu'il s'agisse d'une alternance (relativement rare) ou un changement au sein du même camp.

Comme les autres fois, mais encore plus que les deux dernières, l'angoisse, le stress, l'attente des résultats me devenait pratiquement insupportable les jours ultimes, impatient que j'étais de savoir si, du corrézien d'adoption ou du banlieusard, la France allait se donner aux villes ou aux champs (et paradoxalement, la France des villes a choisi le "rural" et inversement ....) 

Il est vrai que, comme en 2007, une soirée électorale entre amis était organisée et que, nouveauté, l'ensemble de la famille était concernée (à tel point que la seconde vérifiait que les deux candidats avaient leurs affiches collées sur le panneau à cet effet sur la place du village, et que la première effectuait quasiment du prosélytisme pour "son " candidat virtuel, le midi, à la cantine ....) .

L'un des moments importants, tout en dramaturgie et riche en mémoire, est bien entendu celui où, à la télé, le visage du président se dévoile, plongeant les uns dans les affres de la douleur et de la déception, et les autres dans la joie et l'excitation . Mais, outre que j'ai trouvé l'iconographie choisie cette année par les chaînes nationales particulièrement tartignole, le suspense n'existait déjà plus, nos amis belges et suisses ayant d'ores et déjà révélé les résultats avec des estimations d'ailleurs surestimées. 

Après ce moment, de toute façon historique, historique, le climax réside encore dans les discours des deux impétrants, celui du président sortant, en l'occurrence le président "sorti", et celui du nouveau. L'un et l'autre furent sincères, riche en émotions et en promesses, en responsabilité et en conscience, comme il y a d'ailleurs cinq ans, chacun n'omettant pas de rendre hommage à l'autre, dans la tradition républicaine d'une démocratie apaisée. 

Ensuite, le jeu de la politique reprend ses droits : premiers sondages sur l'échéance suivante, questions fielleuses ou faussement innocentes des commentateurs, discours d'autocélébration ou d'autoflagellation, d'amertume ou de gloriole des lieutenants, des seconds couteaux, envoyés au front ou au combat par leurs états-majors, affutant déjà les lames ou choisissant in petto leur prochain véhicule de fonction. Une fois n'est pas coûtume, la grandeur est venue des conquérants, le vainqueur et le vaincu..

Une campagne se termine déjà, qui aura vu le triomphe de l'aphérèse, une autre débute, dans chacune des 577 circonscriptions de France et de Navarre 

Publié dans Politique

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