Après s'être "attaqué " à De Gaulle, Napoléon ou aux Premiers chrétiens, le très prolifique Max Gallo (plus d'un livre par an, sans compter ceux écrits pour les autres ) a dans son ouvrage
"
L'âme de la France", rien moins que tenté de réaliser la biographie de notre pays.
En près de 400 pages, depuis la préhistoire jusqu'aux prémices de la campagne électorale de 2007, il relate les événements d'une manière assez brève certes, mais relativement exhaustive et juste
(si tant est qu'il peut y avoir une Histoire totalement objective et dénuée d'arrières-pensées)
Il extrait ensuite les lignes de fractures et les constantes de l'âme de la France : son ouverture et son cosmopolitisme ( en raison notamment de sa situation géographique), laquelle justifie à
elle-seule la conception française de la Nation, exprimée à travers le droit du sol; sa propension à la division et à la guerre civile, la centralisation et l'interventionnisme économique, le
gallicanisme religieux et la laïcité, la présence d'une extrême gauche ayant les faveurs des intellectuels mais non de l'opinion, la tentation des partis de l'étranger, la maturité politique, aussi
de notre pays ......
Bien sûr, certains de ses fondements de l'Ame française selon Gallo sont contestables, et ne sont pas parole d'évangiles. On reconnaît en filigrane par exemple la grande méfiance, pour ne pas dire
plus, de l'ancien ami de Chevénement envers l'Europe, par exemple. Mais l'oeuvre a le mérite de la cohérence et, paradoxalement, ne m'a pas paru aussi aux antipodes des écrits de JFK qu'escompté,
il y a même des traits communs, comme le refus de la repentance et du communautarisme; ainsi que le retour à l'idée de Nation et à la défense de la République !
Gallo conclut son livre par une analyse de la crise morale que la France subit depuis 1920, selon lui, qui s'exprime justement par l'absence de vision "nationale " d'ensemble, de sens et de valeurs
exprimés par les politiques, de routes à suivre, et ce, et c'est paradoxal pour l'ancien séide de Mitterrand, hormis la parenthèse enchantée gaullienne .
C'est de toute façon un livre essentiel, de ceux qui vont réfléchir et réagir, une oeuvre d'intelligence .
Je termine cette notule en y recopiant la citation de Marc Bloch, mise en exergue de Max Gallo et qui le symbolise parfaitement :
«Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France: ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de
la Fédération. Peu importe l'orientation de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l'enthousiasme collectif suffit à les condamner» (L'Etrange Défaite, p. 646)
Comment avec cette lecture de l'histoire de france pour laquelle je suius assez d'accord (a l'exception de sa conception sur l'Europe)
peut il etre devenu sarkozyste, qui nonobstant ses orientations economiques a une vision de la france totalement inverse?
@ bientôt