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Phrase du Jour

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.



René CHAR 
Jeudi 2 juillet 2009
Comme convenu, je vais m'attarder sur le livre et le film éponymes " L'immeuble Yacoubian", oeuvre, dans le premier cas d'un écrivain égyptien de 50 ans et pour son adaptation cinématographique, d'un jeune cinéaste de 28 ans...

Comme son nom l'indique, l'histoire raconte les aventures de plusieurs personnages, lesquels habitent tous (ou sont liés plus ou moins (in)directement) l'immeuble dit Yacoubian, ancienne demeure des années 30 qui se partagent entre les appartements, propriétés de l'ancienne et nouvelle nomenklatura egyptienne et le toit, où les familles modestes habitent des anciennes cabanes à outils, lesquelles se négocient d'ailleurs très chers.

Il y a là Zaki Pacha, sexagénaire, fils d'un ancien ministre du roi Farouk, porté sur les jeunes femmes et l'alcool et en conflit avec sa soeur, Tahar, le fils du concierge, qui souhaitait devenir policier et a basculé dans l'islamisme après l'humiliation de son refus (en raison de son milieu social modeste; rappellons que l'Egypte est un état d'obédience socialiste), Boussaîna, la jolie vendeuse devant affronter les avances de ses patrons libidineux, Hatem Bey, fils d'un notable égyptien et d'une française, journaliste homosexuel n'hésitant pas à corrompre des conscrits nubiens pour en faire des gigolos, le Hadj hazzam, crapule pieuse qui n'hésite pas à vendre de la drogue ou à corrompre pour parvenir à ses fins ....

Au delà de la description de la civilisation égyptienne, pont entre le monde maghrebin et le prestige passé d'ancienne colonie britannique, à mi-chemin entre l'Orient et l'Occident, au delà de la nostalgie d'un monde révolu, c'est surtout la liberté de ton qui surprend. Ne sont pas moins évoqués que l'importance de la religion, la montée de l'islamisme allant de pair avec un embourgeoisement, un refus de la diversité sociale et un alignement pro-occidental de la classe dirigeante, les importantes inégalités sociales, l'homosexualité, la condition des femmes, la corruption (y compris des plus hautes sphères politiques)ou la situation des egyptiens de Haute-Egypte (l'ancienne Nubie), tiers peuple parmi le tiers monde ..

C'est peu dire que film et livre ont fait scandale. Notons quand même que, malgré la situation politique que l'on peut assimiler à une dictature "light', le livre comme le film n'ont pas été censurés et qu'à ma connaissance, Alaa Al Aswani, auteur du livre, n'a pas subi de fatwa....

Loin des standards habituels du cinéma égyptien, fresques musicales ou oeuvres de Youssef Chahine, le film apparaît comme des plus sobres, presque elliptiques, et à l'exception notable du couple Zaki/Boussaïna, petite respiration d'espérance, la plupart des protagonistes meurent ou connaissent un sort peu enviable ....
Par Fred - Publié dans : choses lues - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Mardi 30 juin 2009
N'en déplaise aux admirateurs de Jean-Pierre Coffe et de Périco Legasse, je souhaitais, par la présente, réhabiliter un petit peu la marque honnie au M jaune et géant, qui, si il ne mérite pas tant d'excés d'honneurs, ne requiers pas tant d'indignités ....

On me rétorquera que la multinationale fondée par Ray Kroc, est le symbole de la mondialisation libérale, à un point tel d'ailleurs qu'un indice de calcul de la richesse des nations (comme dirait Adam Smith) est fondé sur le pouvoir d'achat du Big Mac.. Certes.

Mais à ceux qui s'exclament et vouent aux gémonies les défauts nutritionnels des hamburgers et nuggets, quand il ne s'agit pas de problémes d'hygiène, je répondrais que l'on peut, désormais, tout à fait, manger de manière équilibrée dans les MacDo en se nourrissant de pommes, de compotes, de yaourts et de salades . Le rapport calorie/quantité n'est ainsi pas pire que dans la moindre pizzeria de quartier . De même en matière d'hygiène, un restaurant rapide, nonobstant les semelles collantes sur le sol ne me semble pas plus dangereux qu'un resto chinois ou un boui boui bien crado.

On me répondra "management " et " conditions de travail". Sait-on que dans les MacDonalds, le contrat de base pour les embauches est le CDI, certes à temps partiel, et que nombre d'employés ont commencé petit pour terminer "managers" d'un ou deux restaurants, en sachant que modèle américain oblige, la diversité ethnique et culturelle n'y est pas un vain mot...
Encore une fois, la gestion du personnel chez Leclerc, Lidl, voire la Fnac de M Olivennes, idole de l'intelligentsia, ne me paraît  pas meilleure ...

Enfin, je n'oublie pas les travaux de la fondation Ronald MacDonald, qui à l'instar de celle de Moman Bernadette, et avec le soutien de grands professeurs de médecine, travaille pour humaniser les conditions d'hospitalisation des enfants...

Ne nous détrompons pas, je ne vais guère chez  MacDo qu'une fois par mois, autant pour que les petites se défoulent dans les jeux que pour le bon goût des produits (d'ailleurs, un menu best of ne me suffit pas et il me faut toujours le compléter par un sandwich divers) et je devine des familles qui y déjeunent fréquemment .

Encore une fois, il ne s'agit pas de faire de l'angélisme et de porter aux nues ce type de restauration, mais il existe, et il  n'est certainement pas pire que les "stop frites " de mon enfance, et leur critique systématique est comme tous les dogmes ou les affirmations péremptoires : insignifiants parce que excessifs...
Par Fred - Publié dans : Choses vues - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Vendredi 26 juin 2009
Au vu de la personnalité  du monsieur, je ne pouvais guère passer sous silence le décés de Michael Jackson, que j'avais affublé en son temps du sympathique vocable d'agité du caisson....

Bien que sensible à l'originalité artistique de sa période "Quincy Jones", de " Thriller " à "Billie Jean", de " Dirty Diana " à " We are the world", je n'ai jamais été un fan absolu de sa musique et ai, par ailleurs, été fort circonspect de sa personnalité, de son amour ambigu des enfants et du syndrome de Peter Pan, de son blanchiment, de ses multiples opérations de chirurgie esthétique ou de ses lancers de bébés.

Le Jackson que je préférais, c'est celui des "Jackson 5" où le mignon petit gamin qu'il était dynamitait la scène soul avec ses "I want you back" .....

Au vu de ses frasques et de ses voyages récents en caisson oxygénés, son décés n'est malheureusement pas une surprise. Espérons que, là où il est, il soit plus heureux qu'au cours de sa vie terrestre
Par Fred - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Mercredi 24 juin 2009
Ce qu'il y a de bien avec sa majesté Nicolas 01er, c'est que, alors que sous les monarques précédents, un gouvernement promis pour le mercredi était, au mieux, annoncé le vendredi soir suivant pour la grande messe du 20 h ; un remaniement sarkozyste, envisagé pour le mercredi, est déjà bouclé, annoncé, et les valises et les cartons des partants faites, et ce dès  le mardi soir précédent l'échéance.

Les éxégéses de tout genre, dont beaucoup se sont encore une fois trompés dans les grandes largeurs, n'auront donc pas trop de temps pour analyser leurs pronostics hasardeux.

A vrai dire, depuis les années Mitterrand, qui ont quelque part vu naître ma passion pour la politique, l'annonce d'un nouveau gouvernement a toujours symbolisé à mes yeux la quintessence de la chose politique.

Je me souviens ainsi des moments de suspense qui précédaient la composition du nouveau gouvernement, l'écoute attentive de la radio en attente du précieux moment, puis l'excitation qui commencait à poindre lorsque les si sexy secrétaires généraux de l'Elysée (j'avais un faible pour Jean-Louis Bianco, et la profession d'homme de l'ombre a peut-être en partie conditionné ma vocation pour le métier de Directeur général des services, étant certes au service d'une collectivité et du bien public plutôt qu'à celui d'une coterie .....) apparaissaient sur le perron du Château.
Le micro est-il bien réglé, la feuille est dépliée, puis c'est l'Annonce, la litanie des noms dont l'immense majorité d'ailleurs, rejoindra André Henry, Tokia Saïfi ou François Loncle au Panthéon des oubliés ...

Le lendemain, je m'empressais d'acheter soit "Libération", soit "Le MOnde " et de dévorer les pages spéciales consacrées à l'événement

Désormais, le temps aidant, les gouvernements se succédant, mon temps étant également plus compté, et l'immédiateté de l'information, grâce au médium internet faisant, ces annonces n'ont plus le charme d'antan, et l'excitation s'est finalement transformée en atonie...

Il n'empêche, c'est toujours avec intérêt que je suis les premières heures d'un nouveau magistère des ministères, les premiers états de grâce, les premières bourdes, les chouchous et les recalés, les bien en cour et les ostracisés  ....
Par Fred - Publié dans : Du ressort de l'intime - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Lundi 22 juin 2009
Curieuse histoire que celle du Marquis de Pardaillan , gentilhomme gascon qui eu l'heur et le malheur d'épouser et de tomber amoureux de sa femme Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan.

A une époque où les mariages sont plus de raison que d'amour, où il est presque aussi mal vu pour un nobliau d'aimer son épouse que de travailler, notre marquis, fou amoureux de la divine et lubrique Athénaïs, prend fort mal le fait que celle-ci, alors qu'il court guerroyer en Pyrénées, devienne la favorite de Louis XIV.

Et alors que n'importe quel courtisan se réjouirait de son infortune, notre marquis va se battre toute la vie contre le bon plaisir du Roi qui, parce qu'il en a décidé ainsi, s'arroge tous les droits sur sa favorite, jusqu'à interdire son lit au légitime.
Il coiffera d'immenses cornes son carrosse, fera dire des messes chaque année en honneur de son amour défunt, et pour tout dire, avec l'inconscience d'un pot de terre, s'attaquera au Soleil, lequel n'aura de cesse que de lui pourrir la vie.

Telle est l'histoire du Marquis, narré par Jean Teulé (un ancien de feu l'"Assiette anglaise") dans "Le Montespan", ouvrage truculent et cru mais fort jouissif . Tout est chair et viscères, humeurs et odeurs dans le livre : cela sent le sperme et la m...., les fragrances d'un roi qui prenait un bain une fois par an, les chicots des courtisans edentés, la fornication et la sodomie.

Car, à Versailles, on péte, on rote, on ch.... en plein jour, on n'a pas de mépris pour ces exhalaisons naturelles, tout s'y fait en public et pendant que le roi se fait gâter p ar Athénaïs(il paraît d'ailleurs que l'organe royal était loin d'être aussi majestueux que son ego), on crève dans les campagnes, on se fait massacrer dans les guerres nombreuses et inutiles, pendant que l'on copule dans tous les coins, le peuple gronde, c'est le calme avant la tempête, la quiétude avant l'orage.

Avec des si et des uchronies, il est facile d'écrire l'histoire mais la détermination vaine et le mépris du Montespan devant les bassesses et les veuleries du monde, ont quelque chose de pré révolutionnaires ....
Par Fred - Publié dans : choses lues - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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