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Elles sont tombées au Panthéon de la Grande distribution ou de l'agro-alimentaire, soit en raison de difficultés économiques de leur fabriquant, soit en raison de leur changement de propriétaire qui les a parfois affublé d'une autre dénomination, plus internationale. Il paraît que certaines d'entre elles subsistent encore, dans les contrées lointaines d'Outre-mer.
Il est temps désormais de leur rendre hommage et comme le veut la coutûme, je vous demanderais de ne pas applaudir ...
Plus de "Banga", avec ses singes savants, ni de très chimique et finalement assez peu buvable "Tang", ni même de "Fruité " (on n'a pas le tempérament à boire du raplalpla) pour se désaltérer.
Nous n'achéterons plus au Sanal, au Codec, au Mammouth, au Rond-Point (et son fameux perroquet) , à Euromarché, voire au sudiste Montlaur nos courses hebdomadaires.
Nous ne nourrirons plus d'un "Picorette", d'un "Raider " (deux doigts coupe-faim), d'un "Treets", d'un "Balisto" (à l'emballage bizarrement biodégradable); de Rem, voire d'un "Chambourcy" (Oh, oui !) ni même d'une idée fraiche de la Roche aux fées.
Nous ne courrons plus dans les frais bocages derrière une Belle des Champs .
Quand j'y pense, j'ai fait d'avance, mais plus de "Rivoire et Carret"
Tel Monsieur Pignon, nous ne rechercherons plus les stations "Fina" , nous ne captons plus d'Itinéris, et non, je n'ai plus de "Tann's".
Qu'elles reposent en paix, ces marques disparues....
Cela constitue certainement une des originalités les plus flagrantes de ma discothèque mais j'ai une véritable passion pour les hymnes nationaux; y compris les chants patriotiques et révolutionnaires.
Je ne me contente donc pas de la "Marseillaise", du "Deutschland über alles " , du "God save the queen " ou du "Star Spangled Banner" mais j'y ajoute volontiers le "Chant du départ", le "Chant des Girondins", la "Varsovienne" ou l"Internationale".
Je pousse même le vice jusqu'à avoir inscrit parmi mes favoris (en la plaçant, oh hypocrisie, dans la catégorie "enfants" sous le fallacieux pretexte que,depuis le dernier 11 novembre, les filles maîtrisent absolument la "Marseillaise") la chaîne youtube consacrée aux hymnes nationaux, et à avoir gravé un CD composé presque uniquement d'hymnes nationaux de tous pays, de quelques chansons de campagne électorale (dont la désormais dispensable "Strauss Kahn y va gagner"), d'extraits de discours célèbres (Martin luther King, Obama et autres anaphores ...) que je ne me lasse pas d'écouter dans ma voiture .
Plaisanterie à part, la "Marseillaise", comme d'ailleurs le drapeau tricolore sont avant tout les symboles de la République, d'une république ouverte et laïque, tolérante et héritière des Lumières, celle de Victor Hugo, du droit du sol et de Marie Curie (scientifique, femme libre et étrangère). C'est à ce titre que je les vénère.
Ainsi, je regarde les matches internationaux pour les seuls hymnes nationaux (et doit, conséquemment, en être un des seuls à chanter notre chant, ne serait-ce que devant ma télé) et attends avec impatience les premières médailles d'Or aux JO pour le seul plaisir de voir et d'entendre nos couleurs retentir.
Voilà donc pour mon appétence pour "La Marseillaise". En ce qui concerne les autres chants (Partisans, Girondins, du Départ, Internationale même), c'est certainement le côté historique et là aussi symbolique qui me touche, y compris pour le dernier chant, confisqué qu'il fut par les dictatures communistes mais qui fut avant tout le chant de la commune, des mineurs d'Anzin ou des sidérurgistes de Lorraine..
Il doit en être de même pour les hymnes d'autres pays, lesquels sont soit consacrés pour leur rythme martial ou dynamique (Argentine, Brésil, Espagne), pour la profondeur de leur mélodie (Allemagne, Autriche, Ligue des Champions), voire pour leur évocation historique (Russie, Royaume Uni) ....
A moins que ces chants ont la simple vertu de me faire voyager en chansons...
Ce fut une grande vedette en son temps ... et il est désormais quasiment oublié, à l'exception notable des enfants du baby-boom et des Trente Glorieuses.
Peut-être un peu en deça des très grands de la Chanson française, les Brel, Aznavour, Brassens ou Ferrat, il a néanmoins interprété et mis en musique (la plupart des textes étant écrits par d'autres : Amade ou Delanöe) de superbes chansons, aux orchestrations parfois swing, jazz ou gospel.
C'était également un fidèle chroniqueur de l'air du temps, un peu comme Goldman ou Bénabar dans les décennies qui suivirent mais il dépasse largement en qualité les Clo clo ou autres Dalida, icônes de la variété populaire .
Je ne vois vraiment pas d'explications à son rapide oubli : ses chansons ne sont pas démodés (à quelques exceptions près, comme "Désirée", par exemple, pourtant une des plus récentes) il a écrit des standards adaptés par les anglo-saxons comme 'Je t'appartiens " ou " Et maintenant". Je n'ose penser que c'est son engagement gaulliste, consacré par exemple par la chanson " Tu le regretteras" que l'on lui fait payer désormais .
Pour ma part, j'aime également beaucoup " La solitude", "Nathalie" mais également des titres moins connus comme "Le Jour où la pluie viendra" (baignée à l'orgue Hammond), le méconnu "Bain de minuit", sans oublier "La vente aux enchéres " ou "La Grosse Noce"...
Bécaud, car c'est bien sur de lui dont il s'agit, c'est aussi un peu de ma Madeleine proustienne, mes parents en étaient fans, et je me souviens encore des quelques 30 cm (ou 33 tours) que l'on écoutais parfois sur la platine du haut. Bécaud, mais aussi Dassin, Lama, et Ferrat ou Brassens, sans oublier l'autoproclamé "grand de la chanson", Guy Béart,(qui, par sa suffisance et son autosatisfaction, a fait oublier la grande qualité de certaines de ses chansons) étaient ainsi au programme des années "nostalgie" ...
Comme à chaque échéance, une élection présidentielle est un moment important d'une vie. D'abord, puisque qu'il y en a assez peu, et que surtout le changement n'est pas toujours forcément à l'ordre du jour, qu'il s'agisse d'une alternance (relativement rare) ou un changement au sein du même camp.
Comme les autres fois, mais encore plus que les deux dernières, l'angoisse, le stress, l'attente des résultats me devenait pratiquement insupportable les jours ultimes, impatient que j'étais de savoir si, du corrézien d'adoption ou du banlieusard, la France allait se donner aux villes ou aux champs (et paradoxalement, la France des villes a choisi le "rural" et inversement ....)
Il est vrai que, comme en 2007, une soirée électorale entre amis était organisée et que, nouveauté, l'ensemble de la famille était concernée (à tel point que la seconde vérifiait que les deux candidats avaient leurs affiches collées sur le panneau à cet effet sur la place du village, et que la première effectuait quasiment du prosélytisme pour "son " candidat virtuel, le midi, à la cantine ....) .
L'un des moments importants, tout en dramaturgie et riche en mémoire, est bien entendu celui où, à la télé, le visage du président se dévoile, plongeant les uns dans les affres de la douleur et de la déception, et les autres dans la joie et l'excitation . Mais, outre que j'ai trouvé l'iconographie choisie cette année par les chaînes nationales particulièrement tartignole, le suspense n'existait déjà plus, nos amis belges et suisses ayant d'ores et déjà révélé les résultats avec des estimations d'ailleurs surestimées.
Après ce moment, de toute façon historique, historique, le climax réside encore dans les discours des deux impétrants, celui du président sortant, en l'occurrence le président "sorti", et celui du nouveau. L'un et l'autre furent sincères, riche en émotions et en promesses, en responsabilité et en conscience, comme il y a d'ailleurs cinq ans, chacun n'omettant pas de rendre hommage à l'autre, dans la tradition républicaine d'une démocratie apaisée.
Ensuite, le jeu de la politique reprend ses droits : premiers sondages sur l'échéance suivante, questions fielleuses ou faussement innocentes des commentateurs, discours d'autocélébration ou d'autoflagellation, d'amertume ou de gloriole des lieutenants, des seconds couteaux, envoyés au front ou au combat par leurs états-majors, affutant déjà les lames ou choisissant in petto leur prochain véhicule de fonction. Une fois n'est pas coûtume, la grandeur est venue des conquérants, le vainqueur et le vaincu..
Une campagne se termine déjà, qui aura vu le triomphe de l'aphérèse, une autre débute, dans chacune des 577 circonscriptions de France et de Navarre
Non, il ne s'agira pas là d'une énième analyse des résultats du premier tour (il suffit de (re)lire Fractures françaises pour tout comprendre) mais bien à l'instar d'autres blogueurs, élus ou non, de relater le vécu du côté des assesseurs d'une journée d'élection dans un village de France.
Ces journées d'élections, principalement les présidentielles, car elles sont avec les municipales, celles qui ont le plus d'enjeux pour les gens, celles où le dépouillement est le plus suivi, celles où, parfois, la tension est la plus prégnante, celles enfin où le respect des procédures est le plus scruté.
De procédure, je n'en parlerais point : il y a des circulaires préfectorales et un Code électoral pour celà. sachez toutefois que je connais pas une commune qui, de bonne foi ou par refus de se compliquer, respecte à la lettre le bon déroulement de l'élection, sans toutefois en remettre en cause la légalité du scrutin...
Mais une journée d'élection, surtout aussi bien suivie, c'est avant tout un formidable moment de lien social: c'est assurément la seule journée où, dans la mesure certes où on passe la totalité de la journée au bureau de vote, on rencontre la quasi-totalité en âge de voter de la population du village. C'est l'occasion de prendre des nouvelles, de discuter avec ses voisins, plus qu'avec l'artificielle fête du même nom, de s'enquérir de la santé des uns et des autres, de plaisanter, de taquiner, voire de se fâcher ou de sortir, invariablement, les mêmes blagues.
D'aucuns s'amusent également à vérifier qui a vôté ou non, et j'ai souvenir dans une ancienne commune de résidence, que les militants les plus fervents, décortiquaient la liste d'émargement du premier tour pour convaincre d'éventuels abstentionnistes de venir au second; d'autres regardent les dates de naissance, d'autres enfin s'amusent à compter les grandes familles, celles qui sont historiquement au coeur de la communauté villageoise.
De même; il y a une solennité du fait de voter, non encore (et heureusement ) disparue : les enfants adorent y assister, certains rentrent dans l'isoloir ou veulent insérer le bulletin dans l'urne, des habitants se morigénent de n'avoir pas signé leur carte d'électeur, les anciens citadins (c'est aussi à celà qu'on les reconnaît) présentent leur pièce d'identité en même temps que la fameuse carte.
Le dépouillement est souvent aussi un grand moment; les familles, avec enfants (j'en connais de très intéressés par la chose publique) y côtoient les cheveux blancs, les élus y rencontrent les militants...
Ces journées sont avant tout la preuve que, quelque soit le vote des uns, le moment électoral reste un grand moment qu'on ne prend pas à la légère, avant le maelstroem de l'actualité, les grandes vacances et la Coupe du Monde.
C'est le symbole de l'ensemble des services publics " à la française", que la Commission Européenne voudrait plus ou moins privatiser (le statut public/privé importe finalement peu) mais surtout insérer dans le champ concurrentiel.
C'est, de la même manière que France Télécom en son temps; EDF, GDF/Suez, avant la SNCF, un conflit permanent entre anciens de statut de droit public et nouveaux recrutés, entre fonctionnement pépére et management à la hache.
Les premiers sont un peu la quintessence du fonctionnaire dans sa version caricaturale : facteurs qui font des tournées à rallonge, et parfois, piquent un peu dans la gourde, guichetières peu avenantes et qui commencent à fermer leur caisse à 17 h 15, remplaçants qui n'essaient pas de sonner à la porte pour donner une lettre recommandée mais déposent l'avis de passage sans autre forme de procès (et nous n'avons pas de chiens prompts à mordre les importuns) .
A l'extrême, la Poste possède également des commerciaux, dignes des plus grands vendeurs de cuisine ou de photocopieurs, qui n'hésitent pas à appeler plusieurs fois par mois, afin de vous vendre qui la lettre recommandée électronique, qui la lettre verte, selon les objectifs de vente et les impératifs de la direction; car, à l'inverse des premiers, ceux-ci sont soumis au même rythme, à la même pression, aux mêmes enjeux que leurs collègues de SFR, Free ou autres sociétés de service .
Le service (au) public, justement, ne doit-il pas passer par une présence sinon dans la plus petite commune, le plus petit hameau, mais bien dans un maillage serré, au coeur des territoires et des campagnes, et ne pas se contenter des chefs-lieux de canton ou des gros bourgs. Or, insidieusement, hypocritement, lentement, l'objectif des instances nationales de la Poste (RGPP oblige) est bien de fermer le plus grand nombre de bureaux.
Tout d'abord, on n'ouvre plus guère la Poste que l'après-midi (ou le matin, c'est selon), puis on ferme un ou deux jours entièrement, dont le samedi (ce qui peut paraître une absurdité économique car c'est certainement un des jours les plus fréquentés), puis les absences se font de plus en plus nombreuses (arrêts maladie non remplaçés, absences pour cause de neige, de vent, de pluie, de sécheresse)
Finalement, la bouche en coeur et le service en berne, la Direction départementale ne peut que se proclamer contrainte de fermer le bureau, faisant fi des engagements attestés dans les différentes conventions d'engagement sauf à, sauf à ... créer une agence postale communale, rémunérée par la commune, donc le contribuable.... qui ne paye pas pour autant le timbre moins cher.
Voilà comment, avec des raisonnements de courte vue, uniquement financiers, on casse un service public, ou plutôt on le brade au privé ....
L'ouvrage date de septembre 2010 mais il est à ce point actuel que je le pensais plus récent (il est vrai que l'auteur, le géographe Christophe Guilluy a fait très récemment l'objet d'interviews dans différents quotidiens).
Parfois aride, riche en statistiques mais très souvent cinglant, l'ouvrage ne démontre pas moins que les élites ( "bobos" à gauche, libéraux à droite), chantres de la mondialisation heureuse se sont, d'une part plus focalisées sur les banlieues et le fait urbain que sur le monde rural (mais le monde rural "chimiquement pur " existe-t-il encore ? ) et le périurbain, et d'autre part, ont absolument oublié les classes populaires en se centrant chacun sur leur clientèle: fonctionnaires à gauche, retraités et possédants à droite.
On rétorquera que l'ouvrage sent bon la lutte des classes ou le populisme (mais il est vrai que chaque fois qu'on parle au peuple, les élites sortent ce mot comme une anathème, un repoussoir).
Il a toutefois le mérite de rappeler un certain nombre de vérités, parfois pas toutes politiquement correctes: des métropoles urbaines qui s'embourgeoisent (la gentrification) et où seul le lumpenprolétariat immigré (souvent clandestin) représente la classe populaire (et comme elle ne vote pas, le vote urbain apparaît prépondérant, y compris aux élections à forte abstention, ce qui explique aussi la réussite de la gauche aux élections locales et européennes); un refus de vivre ensemble (et pas seulement par les classes populaires; car, comme dans le film "La Crise", les bobos se proclament antiracistes car ils cotoîent la diversité multiculturelle de loin, à la faveur de spectacles de rue ou parmi leurs employées de maison, ils ne vont pas toutefois pas jusqu'à inscrire leurs enfants dans les mêmes collègues qu'eux). De même, la gauche, en particulier, s'est plus concentrée sur les banlieues (alors que l'auteur soutient que plus de moyens ont été mis par exemple dans les quartiers de Villiers le Bel, par ailleurs à 20 minutes de la Métropole parisienne que dans les cités de Saint-Dizier, Verdun ou Saint-Quentin) et l'immigré, quitte à tomber dans l'angélisme qu'à l'ouvrier ou à l'employé (et le récent rapport de "Terra Nova " l'a encore montré, de même que la fameuse "tournée " de F Hollande dans les quartiers sensibles)
On y parle aussi de la peur du déclassement, notamment des classes moyennes (qui ont totalement implosé, entre classes moyennes urbaines, plutôt aisées et petits "blancs", entre salariés du privé et fonctionnaires ), du séparatisme culturel, tentation de beaucoup au mépris de l'esprit républicain.
On y parle surtout du fait périurbain, de ces troisièmes voire quatrième couronne de Seine-et-marne ou du Nord Isère; où les lotissements fleurissent, où les habitants, "chassés " de la ville par l'explosion de l'immobilier et la gentrification doivent jongler entre remboursement de prêts et hausse du prix de l'essence, et où le vote FN est désormais le plus fort . C'est ce fait périurbain (que j'ai d'ailleurs évoqué dans mes notes Wisteria Lane, Ville émiettée, voire dans mon Territorial dream ) qui me semble le plus riche d'enjeux, loin des fantaisies écologistes et de la condescendance de Boboland
Le carnaval de l'école publique (cette dernière, d'ailleurs; en quête de nom, avis aux amateurs) de la cité du Campanil est désormais pour moi l'occasion d'accompagner les petits élèves en général, et mes filles en particulier.
C'est aussi le moyen de vérifier ce qui est à la mode en matière de déguisement, et par là même les icônes qui font rêver les enfants du primaire et de maternelle, les garçonnets et les fillettes. Certains déguisements sont ainsi sans surprise : il y a pléthore de princesses et de fées, à longue robe ou des "Mille et une nuits ", de nombreux superhéros, Superman et Spiderman en tête, hélas quelques chasseurs et militaires ou autres ninjas, et parfois quelques costumes vraiment originaux : une "Lady Gaga" et un "Bob l'Eponge " lors de la dernière édition.
Il est par ailleurs un déguisement qui a, chaque année, de plus en plus de succès, du moins dans la commune, en raison peut-être de son extrême simplicité, c'est celui de "conscrit" ou d'"arrosant " (les classes concernés étant 2022 ou 2023), la tradition des "classes " étant encore vivace dans la commune, celle-ci étant souvent synonyme, malheureusement, de beuverie et d'autres excès. Un enfant de 9 ans attend ainsi avec impatience ses 18 ans, non pour pouvoir enfin voter ou passer le permis; mais bien pour être conscrit et célébrer dignement ce rite de passage.
Mais la participation à ces festivités a un autre intérêt, plus insidieux, c'est de comparer l'éducation reçue (et donc prodiguée par les parents que nous sommes) à celle du commun des enfants. Et le résultat est édifiant : entre les enfants de 10 ans qui possèdent leur propre ordinateur, ceux qui se couchent à Minuit (et pas toujours dans les familles "ratagaz " ou " relele" ) ou qui regardent des images traumatisantes (comme la dernière tuerie de Toulouse); ceux qui ne sont pas polis ou qui se goinfrent jusqu'à l'obésité (mais là, il y a aussi un échantillon croquignolesque de parents "négligés "), sans compter l'orthographe et la grammaire approximative; on s'aperçoit que, finalement, nous ne sommes pas de si mauvais parents....
L'occasion m'étant donnée d'assister à mon premier meeting (pardon, réunion publique), je me suis donc rendu lundi dernier dans la capitale des Alpes pour y assister à l'intervention de FB.
C'était, au départ, la curiosité, d'assister à une telle réunion, qui m'a motivé et ce, afin de constater en toute objectivité, ce qu'était un meeting politique et aussi en faire une description la plus neutre et la plus distanciée possible (car si je suis électeur, je ne suis pas vraiment un militant). A la limite, j'aurais pu presque aller à une autre réunion publique d'un autre candidat à l'élection (peut-être pas tous, mais je fus invité à aller voir Hollande dans la cité de la brioche, j'ai décliné mais ce sera pour le second tour :-))) ) .
J'ajoute que j'étais assez peu au clair du contexte national, et notamment de la tuerie de Toulouse du matin, celle-ci ayant eu lieu vers 7 h 56, et à peine évoqué dans la matinale d'Inter.
Je m'attendais donc à beaucoup plus de ferveur, des drapeaux et ballons "Orange", des clameurs et des enthousiasmes, des gens debout et me voilà au milieu d'un millier de personnes assises sagement dans une salle comme assistant à un colloque ou un congrés, et une assistance où les cheveux blanc étaient légion, malgré une importante "colonie " de jeunes gens propres sur eux .
L'impétrant (comme dirait M Montebourg) venant de Toulouse, nous eûmes droit aux premières parties ( la responsable départementale du Mouvement, son ancien rival, par ailleurs adjoint au maire de Grenoble et responsable de la campagne, le député-maire d'Annecy qui vivait ici son heure de gloire, peu habitué qu'il était, de son propre aveu, à discourir devant une si importante assemblée) puis à la vedette américaine en la personne de M Benhamias, ancien vert et député européen de la région Sud-Est. Il lui a fallu meubler et occuper la scène pendant plus d'1/2 heure, ce qu'il est parvenu à faire plutôt bien dans un premier temps, puis l'idée est venue de répondre aux questions de la salle et là, cela sentait déjà plus l'improvisation.
J'avais alors la nette impression qu'à côté des meetings à l'organisation sans défaut du PS ou de l'UMP, voire à la dimension messianique des démonstrations de Le Pen ou Mélenchon, le Modem était bien dans une autre dimension, plus austère, plus moderne, plus solitaire.
Enfin, ce fut le temps de la star de la soirée. Et là, on change de dimension . Dans un très beau discours, à l'émotion contenue ( même si la voix s'est par ailleurs brisée parfois), invoquant les mânes de Jaurès (décidément à la mode) dans une citation qui pourrait me servir de devise, le candidat appelle au rassemblement, à l'Union nationale, au dépassement des anathèmes et aux Hommes de Bonne volonté... Pas de promesses inconsidérées, pas d'attaques personnelles, mais une réaffirmation des valeurs de la République
Depuis, la polémique est montée puis retombée, le tueur fou va être arrêté, le maëlström médiatique s'emballe ..jusqu'aux prochains événements : un accident de car, une tempête tropicale, ou tout simplement le dernier sondage...
Je n'ai finalement pas regretté mon voyage, ni mon vote (et ce même si, à contrario des orateurs successifs, et malgré des enquêtes qualitatives très favorables, ne se traduisant pas en intentions de votes, je ne me fais guère d'illusions sur le résultat) que je compte assumer, cette fois, jusqu'au premier tour ....
Un célèbre bimensuel spécialisé m'a récemment contacté afin de m'exprimer sur la prochaine présidentielle. La commande était simple : une adresse aux candidats, mais une liberté de ton.
Vous trouverez ci-dessous ce texte.
" J’ai fait un rêve
Un rêve où les dirigeants de notre pays, à l’heure d’envisager une énième réforme ou un acte III de la Décentralisation, sauront dépasser dogmatisme des deux bords, diatribe anti-fonctionnaires et anti-collectivités d’une part, glorification ad nauseam du fait local, d’autre part, le rêve qu’un contrat de confiance succède à une trop longue période de défiance réciproque
Un rêve où une telle réforme s’appuierait sur les véritables acteurs de l’action locale, cadres dirigeants des collectivités, conseillers municipaux et communautaires, maires de communes rurales, périurbaines ou de banlieue, et pas seulement sur quelques grands barons, quelques groupes de pression avides de défendres leurs privilèges ou leur clientèle.
Le rêve d’une réforme qui proposerait enfin des solutions différentes selon les territoires, qu’ils soient urbains ou ruraux, riches ou en déshérence, mais tiennent également compte de l’Histoire des territoires, de ce que certains nomment les « sentiers de dépendance » ; jusqu’à ce jour, toutes les réformes étaient jacobines, même les plus décentralisatrices…
Le rêve d’une gestion locale débarrassée de toute scorie : débat dépassé sur l’autonomie fiscale des collectivités, désormais un leurre, « grand soir « de la réforme fiscale, mur des lamentations sur les marges de manœuvre perdus, mais une gestion innovante, moderne, qui dépasse les effets de mode et les mimétismes, une troisième voie entre « doxa « de la rigueur et apologie de la gabegie.
Le rêve d’une refondation de l’évaluation des actions des collectivités, bien loin des ratios financiers à la « Standard et Poors », avec des outils d’analyse tenant compte, par exemple, des investissements immatériels, des dépenses créatrices de valeur et celles qui ne le sont pas ; le rêve de nouvelles coopérations, informelles, protéiformes, à géométrie variable
Le rêve d’un aménagement de territoire qui s’attacherait en priorité au fait périurbain, fraction du pays où résident désormais une bonne partie de ces oubliés de la République, majorité silencieuse et désabusée, et qui en viennent parfois aux solutions extrêmes, partagés qu’ils sont entre leur lieu de résidence qu’ils rejoignent tard le soir et leur lieu de travail ; ces territoires en pleine recomposition, où la réduction de l’usage de la voiture n’est qu’une hypothèse pour citadins, où l’augmentation du prix du carburant suffit à déstabiliser un budget, où se juxtaposent en un coktail parfois détonant vieilles familles et nouveaux venus, communauté villageoise et lotissements déshumanisés
Le rêve d’un pays, enfin, où « Liberté, Egalité, Fraternité » ne sont pas que de vains mots inscrits au fronton des mairies, mais bien les valeurs qui doivent irriguer l’action publique, et qui pourrait être complété par un autre triptyque « Responsabilité, Ethique, Transparence ». "
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